20th century boys / Yukihiko Tsutsumi

Publié le par Limess



Sortie: 14 janvier 2009


> L'histoire: 1969 : Kenji et sa bande de copains passent leurs vacances d'été à rêver de l'exposition universelle d'Osaka et à s'inventer un scénario catastrophe de fin du monde depuis une base secrète improvisée dans un terrain vague. A cette époque, Kenji voulait devenir une rock star et sauver l'humanité. 1997 : Kenji aide sa mère dans la supérette de quartier tout en jouant la baby-sitter pour sa nièce Kanna. Ses rêves de gamin resurgissent lorsque la police le questionne sur une mystérieuse organisation dont le symbole serait identique à celui inventé dans le "cahier des prédictions" de sa bande lorsqu'il était enfant. Le compte à rebours commence, la fin du monde est proche...

Réalisé par Yukihiko Tsutsumi, 20th century boys est l'adaptation du manga éponyme, très en vogue chez les fins connaisseurs, créé en 1999 par Naoki Urasawa. Intitulé "L'avénement", ce film est le premier épisode d'une gigantesque trilogie, mise en chantier à l'initiative de la Nippon Television Network Corporation. Une forme qui, si elle parait banalisée dans nos productions occidentales, est, en fait, rarissime dans l'histoire de la cinématographie japonaise...

20th century boys situe sa trame principale entre 1969 et 2000. La première date étant celle de l'exposition universelle, la seconde, de la supposée fin du monde imaginée par Kenji. Le film suit ainsi les aventures de ce personnage naïf et attachant, d'abord enfant, écrivant et dessinant des histoires à dormir debout pour divertir ses copains. Puis, adulte, plongé au sein d'une conspiration mystérieuse qui souhaite mettre à exécution tout ce que celui-ci a imaginé par le passé. Une idée originale qui fait de ce film une oeuvre à l'histoire dense et fouillée que le réalisateur tente de simplifier au maximum par sa mise en scène. Il joue ainsi d'effets de répétitions d'une même image et de superposition de flash-back, permis grâce à la mise en place d'un montage ultra dynamique. Un procédé qui, si il est parfois agaçant, permet aux plus néophytes d'entre nous - comme moi - de profiter pleinement de cette histoire rocambolesque et ô combien passionnante.

 


Si le film fonctionne parfaitement, c'est qu'il est porté par une folie qui donne à l'ensemble une fraîcheur et une drôlerie inattendue. 20th century boys est une oeuvre qui ne se prend jamais au sérieux, jouant de ses effets spéciaux à petit budget et de ses décors et costumes outranciers. De quoi créer un univers totalement barré où les acteurs se retrouvent en roue libre - voir le surjeu de l'acteur principal, Toshiaki Karasawa -, rythmé par une musique rock des plus entraînantes. Contre toute attente, le film se révèle ainsi être une bonne surprise, par son côté à la fois drôle et décalé, qui rappellera aux plus nostalgiques d'entre nous le kitsch d'un vieil épisode des Power rangers. Une bonne humeur communicative qui fait de cette oeuvre un bon remède contre la déprime ambiante, et qui malgré sa longueur - 2h20 - s'impose à nous comme le petit ovni de la semaine !




Crédit photo: Eurozoom

Publié dans En salles

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Vincent 25/08/2009 23:36

Ah je me disais bien ! J'avais lu une critique de ce film dans la blogosphère mais je ne savais plus où.
Je ne suis absolument pas fan des mangas et pourtant j'adore ce film, son storytelling dense et limpide, foutraque et maîtrisé, c'est à la fois drôlatique et terrorisant. J'aime moins la fin car elle clôt une enquête que j'aurais souhaité encore plus longue, mais si tu dis qu'il y aura plusieurs films, c'est formidable. Quant à la comparaison avec Power Rangers, c'est pas sympa, au contraire c'est du grand cinéma de genre je trouve. Une des pépites de l'année, sûr !

Gilles Penso 20/01/2009 17:58

Je partage totalement ton enthousiasme. Le film est une vraie surprise, loin des canons du cinéma occidental.