Et après / Afterwards / Gilles Bourdos

Publié le par Limess




Sortie: 14 janvier 2009

> L'histoire: A huit ans, Nathan est entré dans le tunnel lumineux de la "mort imminente" pour avoir voulu sauver une fillette. Déclaré mort, le petit garçon se réveille inexplicablement. Vingt ans plus tard, Nathan est devenu un brillant avocat new yorkais. Meurtri par les circonstances douloureuses de son divorce, il s'est barricadé dans son travail, loin de son ex-femme Claire et de sa fille. C'est alors qu'un mystérieux médecin, le docteur Kay, fait irruption dans son existence en prétendant pouvoir dire à quel moment certaines personnes vont mourir. Et parce que Kay bouleverse tous les repères de sa vie, Nathan va enfin découvrir pourquoi il est revenu.

Même s'il est adapté du best-seller de Guillaume Musso, Et après semble tenir sur un scénario de trois pages que le réalisateur, Gilles Bourdos, étire au maximum sur près de 2h. L'histoire est celle de Nathan, qui vingt ans après un accident de voiture, se retrouve poursuivi par un homme mystérieux qui semble pouvoir lui expliquer les raisons de sa résurrection. De quoi prêter à la création d'un mini suspense... qui ne prendra, pourtant, jamais forme. L'intrigue repose ainsi sur une accumulation de scènes redondantes montrant Nathan marcher dans la rue, le visage crispé par la colère. Le tout associé à de multiples étiquettes où l'on voit le soleil se coucher sur les buildings de New York. Des scènes prétextes à dilater le récit, le réalisateur en profitant pour insérer entre des morceaux de l'histoire, permettant enfin à faire avancer l'action... De quoi créer, surtout, un ennui profond ! Pourtant, Gilles Bourdos avait plutôt bien commencé, en proposant un prologue efficace où il imposait avec force les enjeux de son intrigue... Bientôt engloutis par des considérations métaphysiques de bas étages et une mise en scène assez lourde. Et ce n'est pas la photographie, pourtant magnifique, de Mark Ping Bing Lee -  collaborateur de Hou Hsiao Hsien - qui nous fera changer d'avis.


Pire, le film énerve dans sa tentative d'imposer sur le devant de la scène une certaine vision du bonheur. Afin de montrer la culpabilité de son héros, le réalisateur insère, de manière particulièrement pompeuse, quelques flash-back paradisiaques. Nathan marche dans la forêt, chemise blanche ouverte, main dans la main avec sa femme, habillée d'une robe blanche. Se promenant avec leurs enfants... eux aussi tout en blanc ! Cela a beau être très beau, c'est surtout terriblement agaçant, Gilles Bourdos ne pouvant s'empêcher de chausser ses gros sabots pour promulguer une sorte d'appel au retour à l'état de nature. Alors, quand à cela s'ajoute une intrigue secondaire tellement mal mise en valeur qu'elle en devient inintéressante - le jeune garçon à l'hôpital -, on se dit qu'il n'y a pas grand chose à sauver de ce Et après là.


Avec autant d'éléments à sa charge, on se demande bien comment un tel casting a pu se retrouver à l'affiche de cette production. Comment Romain Duris, d'habitude si prodigieux, arrive ici à être aussi mono-expressif ? Comment le nom de John Malkovitch, l'un des plus grands prodiges de sa génération, s'est retrouvé associé à ce projet ? Et pourquoi Evangeline Lilly, héroïne de l'excellente série Lost, a choisi un tel rôle pour ses premiers pas sur le grand écran ? Des questions qui resteront, bien entendu, sans réponses mais qui ne nous empêcheront pas d'affirmer que le naufrage aurait été le même avec des acteurs différents... Un film risible et ennuyeux, donc, dont il ne faut pas regretter de passer à côté en lui préférant d'autres productions.




1. Romain Duris: Paris


Crédit photo: Mars distribution  

Publié dans En salles

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Snifff 25/01/2009 23:44

C'est vrai que c'est totalement nul, excepté la performance de Malkovich, toujours aussi génial. Sinon, un ennui monumental, une mise en scène incohérente et un scénario creux. Et un Duris encore plus insupportable que d'habitude.

Gilles Penso 25/01/2009 11:15

Je te trouve bien sévère ! En même temps, tout est une affaire de goût, surtout au cinéma, mais je t'avoue que j'ai trouvé le film touchant, sensible, et sacrément bien interprété.