Gone baby gone / Ben Affleck

Publié le par Limess




Sortie: 26 décembre 2007


> L'histoire: Dans une banlieue ouvrière de Boston, la petite Amanda a disparu. Après l'échec des recherches menées par la police, la tante et l'oncle de l'enfant décident de faire appel à des détectives privés du coin, Patrick Kenzie et Angie Gennaro. Patrick et Angie connaissent bien le quartier, au point de savoir que Hélène, la mère d'Amanda, est une droguée. Plus ils enquêtent, plus ils découvrent l'envers de la ville dans ce qu'il a de plus sombre.

 

Bien sur, on connaît Ben Affleck. Bon acteur à ses débuts, il s'est fait remarquer grâce à sa plume et sa collaboration avec Matt Damon sur le film Will Hunting. Malheureusement, plus les années ont passé et plus sa crédibilité en a pris un coup. Entre coups médiatiques et choix de rôles chaotiques (comment oublier Daredevil), Ben Affleck est retombé dans les estimes et relégué au camp indésirable de mauvais acteur. L'année 2007 nous aura appris à ne pas juger les gens trop vite. Récompensé à Venise pour son rôle dans Hollywoodland, c'est en tant que réalisateur qu'il revient véritablement sur le devant de la scène. L'occasion pour lui de mettre en scène son frère Casey, l'une des futures valeurs sûres d'Hollywood.

 

Gone baby gone nous plonge dans les bas fonds de Boston, où policiers et drogués se côtoient tous les jours. Ce qui frappe, c'est une atmosphère, semblable à celle que l'on pouvait trouver dans Mystic River. Normal, l'histoire vient du même scénariste, Dennis Lehane. Le film nous embarque dans une sombre histoire d'enlèvement d'enfants dans l'univers de toxicos. Deux détectives privés vont être embauché pour aider à l'enquête. Si l'histoire démarre sur des chapeaux de roues, il semblerait que le scénariste se soit peu à peu emmêler les pinceaux, embourbé par un flot d'informations. Car si Gone baby gone ne tient pas la route, c'est l'unique faute à son intrigue qui repose sur des rebondissements en pagailles et des informations que l'on a du mal à enregistrer. Plus le puzzle se met en place et plus l'on se sent largué, ne sachant même plus de qui parle les personnages (mais bon dieu, qui est ce Remy ? Ah, ok !). Et plus l'histoire avance, plus l'on a du mal à y croire. Pourtant, même si il y a un vrai problème de compréhension, Gone baby gone reste tout de même intéressant. Car il pose des questions. Qu'est-ce que la justice et quelle est notre conception véritable du bien et du mal ? La fin ouverte du long métrage permet de réfléchir et finalement, de chercher à se mettre à la place du héros. Qu'aurions-nous fait ? Même si cette réflexion reste fragile et finalement, assez superficiellement traiter, elle est un petit plus dans le scénario et nous fait regretter sa mauvaise lisibilité, qui aurait pu donner, sans aucun doute, un excellent film.


Car si on fait l'impasse de cette histoire un peu tirée par les cheveux, on ne peut nier que Gone baby gone a de nombreuses qualités. Côté casting, le film tient presque de la perfection. Entre Casey Affleck tout en fragilité et la révélation Amy Ryan en mère désabusée, tous les rôles semblent convenir parfaitement aux acteurs. Au niveau de l'esthétique aussi. L'atmosphère ne tient pas seulement du scénario, mais bien de l'utilisation du clair/obscur, de cette opposition entre endroits sombres et rues éclairées (la sortie du bar). Mais bien entendu, le plus important est de parler de la réalisation de Ben Affleck, car au fond, c'est cela qui nous importe vraiment. Même si il reste très classique dans son traitement, l'acteur/réalisateur trouve ses marques dans les moments de tensions où il impose une mise en scène énergique et dynamique (la poursuite, la fusillade). Deux grandes scènes du film qui démontre que Ben Affleck a un talent certain et que, même si son film n'est pas une réussite, il fera sans aucun doute mieux la prochaine fois. Les qualités sont indéniables, il ne reste plus qu'à les mettre totalement en action. C'est pour cela qu'on a hâte qu'il se remette derrière la caméra, quitte à arrêter de faire l'acteur...





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Crédit photo: Buena Vista International

Publié dans En salles

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