Cortex / Nicolas Boukhrief

Publié le par Limess




Sortie: 30 janvier 2008

> L'histoire: Un flic retraité, à la mémoire défaillante, intègre une maison de repos spécialisée et commence à suspecter des crimes dans l'établissement.

Avec un pitch pareil, on était en droit d'en attendre beaucoup de Cortex. Il est vrai que traiter de la maladie d'Alzheimer par le biais d'une enquête policière, cela n'a rien de commun. Nous voilà donc enfermé dans une clinique pour personnes âgées où Charles Boyer a décidé de finir sa vie. Un choix difficile mais nécessaire vu l'avancée de sa maladie. Muni de son petit cahier, Charles note tout: les gestes quotidiens qu'il doit faire, la cachette de son arme, les conversations qu'il surprend. Réflexe de vieux flic, sans doute. C'est à la suite d'une série de décès qu'il décide de mener l'enquête. Autre réflexe du passé. Entre balade nocturne dans les couloirs de la clinique ou visite éclair dans les sous-sols, Charles a bien du pain sur la planche pour éviter ses vilaines infirmières qui ne font que roder. Cortex est avant tout un film d'ambiance où la mise en scène cherche à servir le scénario. Atmosphère lugubre, néons violets, plans construits avec des caches pour faire durer le suspense en montrant deux situations simultanées (Charles, caché derrière un mur écoute les infirmières dans leurs bureaux)... Malheureusement, si le réalisateur cherchait à faire monter l'angoisse, il n'y instaure que du vide. Car on s'ennuie ferme
.

 

On aurait aussi bien pu être un patient de cette clinique que le résultat serait le même. Cortex souffre d'un rythme bien trop mou et d'une histoire peu intéressante. Si le réalisateur s'est focalisé sur l'ambiance, il en a oublié le reste. Son film tourne à vide, tente de nous lancer sur de mauvaises pistes ou de faire rentrer le spectateur comme le personnage dans une paranoïa aiguë. Manque de bol, l'issue de l'histoire ne nous intéresse que moyennement car on la devine très aisément. Et si Cortex jouait sur la surprise finale, elle est franchement loupée. Par ailleurs, dans un élan scénaristique, il semble que tout le monde aille oublier le sujet de départ. L'Alzheimer. Certes, il est bien de prendre cette maladie pour donner un peu de piment à l'enquête, faudrait-il encore s'en servir avec vraisemblance et ne pas l'utiliser dans le simple but de combler un scénario trop creux. Car au final, Charles n'oublie que les éléments de l'enquête (dans la vie, le cerveau ne sélectionne pas aussi catégoriquement les informations importantes), ce qui ne l'empêche pas de la résoudre rapidement. Mais comme il faut encore combler une petite demi-heure, oublie la solution ! Dommage pour un film qui partait sur de très bonnes bases. Reste le plaisir de voir André Dussolier, dans un vrai rôle de composition, donné la réplique au toujours excellent Julien Bossellier. Un bien petit lot de consolation !



 Crédit photo: Wild Bunch Distribution

Publié dans En salles

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