Juno / Jason Reitman

Publié le par Limess




COUP DE COEUR

Sortie: 06 février 2008

> L'histoire:
Juno McGuff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C'est ainsi qu'un jour où elle s'ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux. Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s'occuper de son bébé. Elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d'adopter leur premier enfant. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage...

Comparé avant même sa sortie à Little miss sunshine, Juno est un petit film indépendant dans la grande tradition américaine. Il met en scène des "freaks and geeks", personnages décalés et volontairement différents des autres. En tête de file, on trouve Juno, jeune fille à la langue bien pendue et aux répliques acides, grande fan des classiques rock et des répétitions de guitare. Autour d'elle gravite différentes personnalités tel que Paulie Bleeker, l'athlète trop maigre (attachant Michael Cera), Leah, sa meilleure amie, qui ne flashe que sur les profs du lycée et ses parents, un poil déglingués. Saupoudré tout cela d'une bonne dose d'humour, d'un excellent scénario (Diablo Cody, une jeune scénariste à suivre) et d'une musique envoûtante signée The moldy Peaches, Cat Power ou The velvet underground et c'est le carton assuré !
 



Juno
est une petite perle du cinéma indé'. Le genre frais, drôle et bien interprété. Pour un "feel-good movie", ce film est une réussite totale puisqu'on en sort le sourire aux lèvres et des étoiles pleins les yeux. En acceptant de garder le gnome qu'elle porte en elle, Juno va se retrouver confronter à quelque chose qu'elle ne connaît pas: le regard des autres. Car à 16 ans, porter un enfant n'est pas chose commune. Entre les couloirs du lycée et les aller-retours chez les futurs parents adoptifs, Juno va apprendre ce qu'est une responsabilité. Le film de Jason Reitman ne ressemble à aucun autre. Sur fond de couleurs acidulées, son film brille par la justesse de son ton et de son scénario. Il propose différents portraits de personnages. Il y a d'un côté Juno, ses amis, sa famille. De l'autre, Mark et Vanessa qui rêvent d'avoir un enfant (Jennifer Garner trouve ici un rôle qui lui va à ravir). Entre Mark et Juno, le courant passe immédiatement tant ils sont complémentaires. Mais si Juno va apprendre à grandir, Mark de son côté semble encore vivre sa jeunesse, espérant fonder un jour ou l'autre un groupe de rock. Confronté à la réalité des événements, chacun prendra une voie différente, symbole d'une maturité nouvelle pour l'une, d'une non-acceptation de l'âge adulte pour l'autre. Car Juno n'est pas simplement un petit film pour prendre du bon temps (mais si, c'est l'effet principal). Beaucoup plus profond qu'il n'y parait, il touche par le réalisme de ses situations et par ses personnages si attachants et pourtant si communs. Jamais caricatural, ce film est une petite pépite, une explosion de bonheur qu'on aimera à regarder sans concession. Porté par l'exquise Ellen Page et des dialogues percutants, Juno se révèle être l'une des très bonnes surprises de ce début d'année 2008. Un film adorable, attachant et qui nous rend heureux. Laissons tomber Bridget, notre nouvelle héroïne s'appelle Juno !




> Présentation au festival de Rome 2007: meilleur film

> Golden globes 2008: Nominations meilleure comédie ou comédie musicale, meilleure actrice dans une comédie ou une comédie musicale, meilleur scénario

> BAFTA 2008: meilleur scénario original / Nomination meilleure actrice

> Oscars 2008: meilleur scénario original / Nominations meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice


Crédit photo: Twentieth Century Fox France

Publié dans En salles

Commenter cet article