Wendy et Lucy / Kelly Reichardt

Publié le par Limess





Sortie: 08 avril 2009

> L'histoire: Wendy, accompagnée de son chien Lucy, a pris la route de l'Alaska dans l'espoir de trouver un petit boulot et commencer une nouvelle vie. Lorsque sa voiture tombe en panne dans une petite ville de l'Oregon...

C'est avec la figure de Wendy, jeune femme sans identité ni passé, que Kelly Reichardt nous entraine dans une sorte de road-movie minimaliste à travers les rues vides d'une petite ville de l'Oregon. Accompagnée de sa meilleure amie, son chien Lucy, Wendy, ses cheveux courts et ses habits de baroudeuse, sillonne la ville à pied depuis que sa voiture l'ai lâché. A la rencontre d'autres âmes en peine, marginales ou non, survivant tant bien que mal dans une Amérique que l'on ne voit d'habitude guère à l'écran. Car Wendy et Lucy tire en quelque sorte le portrait d'une autre Amérique, celle au sortir de l'ère Bush, aussi peu glamour et clinquant que peut l'être son opposé hollywoodien et ses panelles de strass. Celle des laissés pour compte. A ce titre, Wendy et Lucy apparaît d'ailleurs comme un film rare, détonnant par rapport aux traditionnelles productions cinématographiques qu'exporte les Etats-Unis. Et cela même comparé à d'autres films indépendants. Car Kelly Reichardt n'est pas une cinéaste comme les autres, partageant son temps entre les cours de cinéma qu'elle donne à la fac et les tournages de ses films. Pendant les vacances scolaires. Par cette contrainte de temps, Wendy et Lucy est ainsi à la fois incroyablement dépouillé et débordant d'inventivité, la réalisatrice se débarrassant de la moindre contrainte financière en utilisant tout ce qui se trouve à sa portée. A commencer par sa ville, Portland, la confrontation entre l'urbain et la nature environnante et le talent de son actrice extraordinaire, Michelle Williams.

Kelly Reichardt suit donc les errances de Wendy, petit bout de femme à l'apparence très fragile mais extrêmement débrouillarde. Des nuits qu'elle passe dans sa voiture ou dans la forêt - sans conteste la plus marquante des scènes - à son débarbouillage quotidien dans les toilettes d'une station service. Jusqu'à ce qu'elle perde Lucy, son seule repère dans cette ville sans âme, suite à une arrestation dans un centre commercial. Là où elle volait quelques aliments, histoire de tenir debout encore un peu. Tout en dessinant les contours d'une classe invisible, Kelly Reichardt s'attache dès lors à la quête de cette femme pour retrouver son animal, qui pour le coup, lui tenait vraiment compagnie. Une trame ultra simpliste, en somme, qui traversera le film de part en part, l'empêchant même, finalement, d'être réellement inoubliable. Le sujet étant sur la longueur beaucoup trop simple pour tenir en haleine, comme un peu vain. Il faut donc laisser de côté cette histoire à la Lassie pour réellement apprécier Wendy et Lucy, beau et lancinant film d'une réalisatrice, certes sans moyens, mais non moins inspirée et d'une actrice en pleine ascension, Michelle Williams, que l'on a rarement vu aussi émouvante. C'est d'une simplicité incroyable, voir trop parfois, et cela en est d'autant plus touchant.




1. Michelle Williams: Synecdoche, New York


> Festival international de Cannes: section Un certain regard


Crédit photo: Epicentre films

Publié dans En salles

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