La Boîte de Pandore / Yesim Ustaoglu

Publié le par Limess





Sortie: 29 avril 2009

> L'histoire: Lorsque trois frères et soeurs istanbuliotes d'une quarantaine d'années reçoivent un coup de fil leur annonçant la disparition de leur mère du Nord Est de la Turquie où elle vivait, ils partent à sa recherche, mettant momentanément de côté leurs différences pour ce faire. Mais les tensions entre eux refont vite surface, comme une boîte de Pandore qui s'ouvre à eux, mettant au grand jour leurs vieilles rancoeurs et les non-dits familiaux. Ils sont forcés de réfléchir sur leurs propres échecs.

Selon la mythologie grecque, c'est suite à son mariage avec Epiméthée que Pandore ouvrit la fameuse boite contenant tous les maux de l'humanité. Vieillesse, misère, folie, tromperie ou passion s'échappant dès lors dans l'air, la jeune femme n'ayant eu le temps de ne retenir que l'espérance, terrée, bien au fond de celle-ci... L'espérance, pour Nusret, vieille dame très âgée, c'est de retrouver sa maison à laquelle elle a été arraché par ses trois enfants. Soucieux de son état de santé. Dans un élan d'égoïsme, aussi, afin de ne pas avoir à faire trop d'allers et retours. Sauf qu'une fois en ville, la vieille dame ne sera jamais au centre de leurs préoccupations, elle qui agira plutôt sur eux comme un révélateur de leurs propres détresses. Quelle soit sentimentale ou sexuelle... Avec La boite de Pandore, Yesim Ustaoglu tisse ainsi avec subtilité un sujet à la fois ancien et déjà vécu dans nos vieilles sociétés européennes mais tout à fait contemporain aux pays émergents. Ici, la Turquie. Ce passage d'un monde rural à un monde urbain. La fuite de la population vers les grandes villes, centre du monde capitaliste. Dans La boite de Pandore, c'est deux générations qui s'affrontent. Celle, ancienne, toujours accrochée à ses vieilles traditions. L'autre, en pleine crise de la quarantaine, ayant grandit avec l'évolution de la société. Appartenant aujourd'hui à une certaine classe sociale. Parents contre enfants, en somme. Entre eux, Murat, la vingtaine, en proie à une profonde rébellion contre l'éducation imposée par ses parents, soucieux de ses études et de son avenir. Il trouvera ainsi en la personne de sa grand-mère une alliée insoupçonnée, porteuse de valeurs qui lui ressemble plus.

 


Au fil de son récit, Yesim Ustaoglu s'essaye à la chronique sociale, d'abord sous la forme d'un road movie, de la ville vers les contrées reculées de la Turquie. Bercée la quiétude des paysages. Puis, ce retour, violent, à ces ruelles grises et malfamées, ces appartements exigus, plantés en haut d'immeubles vertigineux. Sauf que bien souvent, le film se perd dans une sorte de platitude ambiante qui l'empêche de réellement transmettre des émotions. D'arriver à faire décoller ce sujet pourtant assez passionnant. Heureusement, la réalisatrice a avec elle une actrice de taille, incarnant avec finesse et distance cette vieille femme désespérée. Tsilla Chelton, notre Tatie Danielle nationale. C'est d'ailleurs avec surprise et étonnement qu'on l'a retrouve dans cette réalisation, au fin fond de la Turquie ! Entre elle et Onur Unsal, l'acteur incarnant Murat, se noue un lien indélébile et plein de tendresse, permettant à ce duo, hors du commun, de prendre de forme. Et de nous transporter. Car à part eux, il est assez difficile de se prendre de passion pour les histoires secondaires, tant les personnages sont assez antipathiques. Ainsi, La boite de Pandore est un film plutôt en demi teinte pour, néanmoins, un joli et doux duo qui ne peut laisser indifférent. A la différence de l'oeuvre en elle-même que, pour le reste, on oublie aussi vite vu... Un peu dommage, donc.


.


> Festival international du film d'Amiens: Prix d'interprétation féminine
> Festival international du film de San Sebastian: Concha de Oro du meilleur film, Concha de Plata de la meilleure actrice


Crédit photo: Bodega Films

Publié dans En salles

Commenter cet article

Abraham Soubrie 30/04/2009 09:37

Bonjour,

Juste un petit mot afin de connaissance ...
Merci pour votre site et toutes les Informations qu'il contient sur le cinéma...

çA Phot ' Aux Yeux ...!

A+ de vous relire , Sincère salutations...

Abraham . S