Air doll / Kuki Ningyô / Kore-Eda Hirokazu

Publié le par Limess

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Sortie: 16 juin 2010

> L'histoire: Tokyo, de nos jours. Une poupée gonflable s'ennuie dans l'appartement de son propriétaire; Jusqu'au jour où, comme par miracle, celle-ci prend vie et découvre les sentiments humains. Elle fait alors la connaissance de Junichi, un vendeur, dont elle tombe immédiatement amoureuse.

Moins d'un mois après Still Walking était présenté dans la sélection Un certain regard du festival de Cannes 2009 le Air Doll de Kore-Eda Hirokazu. L'histoire d'une poupée gonflable qui, devenue humaine, tombe amoureuse d'un loueur de vidéo club. Un scénario complètement "gonflé" - haha - avec lequel le réalisateur n'hésite pas à jouer, allant jusqu'au bout de ses idées les plus farfelues. A travers les yeux de son attachant personnage de silicone, Kore-Eda Hirokazu donne à voir les particularités et les originalités de la société japonaises, des photomatons aux classements des ordures ménagères. En somme, Air Doll pourrait se voir comme un éloge du quotidien, comme l'était si justement Still Walking, magnifiant les petits riens. Jouant d'un monde plutôt contemplatif, Kore-Eda Hirokazu fait des rues japonaises une sorte de monde imaginaire, usant d'une superbe photographie et d'une sur-coloration des images. Car Air Doll pourrait avant tout s'apparenter à un conte de fée où Pinocchio n'aurait pas été un pantin de bois mais une poupée gonflable. Voguant entre univers fantastique et poétique et un humour noir plutôt inattendu. Tablier de soubrette et sac en forme de pomme façon Blanche-Neige sous le bras, notre charmante poupée oublie le temps dans les rayons d'un vidéo club, observant les coutumes des japonais. Découvrant avec émerveillement ce qu'est le cinéma, essayant de retenir le noms des films par des moyens mnémotechniques...

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Si Air Doll s'avère, au premier abord, une petite merveille, Kore-Eda Hirokazu déçoit néanmoins quelques peu dans la construction de son récit. Par l'utilisant d'une voix-off constante, notamment, n'apportant pas grand chose à un récit porté de bout en bout par l'incroyable Du-na Bae. Le off ne faisant que répéter ce que l'actrice nous faisait comprendre par son expressivité. Dommage aussi que le cinéaste ne sache pas se censurer, plombant quelque peu son oeuvre par des multiples fins possibles. Néanmoins, quoi qu'on en dise, Air Doll est un film particulièrement original, atteignant son apothéose lorsque la poupée en vient à découvrir l'orgasme féminin ! Ca en est tout à fait jubilatoire et particulièrement surprenant.


> Festival international de Cannes 2009: Un certain regard


Crédit photo: Océan Films

Publié dans En salles

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