J + 6 - Polémique et dépravation

Publié le par Limess



Après un dimanche placé sous le signe de la Quinzaine des réalisateurs - le Johnnie To sortant ce mercredi et ayant déjà donné de ma personne l'année dernière à un Brillante Mendoza -, retour à une journée consacrée à la compétition officielle. Car quoi qu'on en dise, cette sélection contient de très beaux noms, certes tous les ans les mêmes, mais qui ont de quoi réveiller les papilles des cinéphiles. Des places pour le Ken Loach en poche, nous nous rendons directement à la salle du soixantième, normalement réservée à la presse mais nouvelle réquisitionnée pour accueillir les cinéphiles munis d'invitations. Uniquement lors de la séance du matin. La salle est quasi vide, l'information de cette "séance spéciale" n'étant pas encore très connue. Si j'attendais le film de Ken Loach, celui-ci m'a surtout permis de tester, pour la première fois cette année, l'une des spécialités du festival: la sieste durant une projection. Comme des dizaines et des dizaines de festivaliers, durant toutes les séances, je succombe donc à la quiétude et à la noirceur de la salle obscure, ne culpabilisant pas trop par sa sortie officielle le mercredi 27.

En sortant de la séance, la chasse est lancée, la séance de 11h30 étant celle d'Antichrist, le film que j'attendais le plus sur la croisette cette année. Si Justine rentre sans problème, je cherche jusqu'à la dernière minute une place bleue à échanger contre une rose, m'interdisant de rentrer dans le palais - foutu badge, c'est une habitude. Et si je l'obtient avec soulagement au dernier moment, ce ne sera pas le cas d'Aurélie, restée devant les grilles avec une place... rose, donc. Antichrist ou l'une des séances les plus surréalistes qu'il m'a été donné d'assister. Durant la projection, le public est surexcité, réagissant au quart de tour face à la violence du long métrage. Les rires de gênes se font entendre tout comme les souffles de douleur, compatissant avec ce pauvre Willem Dafoe. Les festivaliers sont en totale symbiose, tournant ensemble le visage lors du passage de l'excision. Lorsque la lumière s'allume, les applaudissements se mêlent aux cris, marquant le début d'un grand débat sur la croisette. Le soir, nous apprendrons que la projection presse où certains n'ont pas hésité à crier "sale pute" aura été aussi houleuse que la présentation officielle du soir, les pompiers ayant recensé cinq évanouissements, Lars Von Trier ayant tellement peu supporté la réaction du public aura même préféré se cacher dans les toilettes !

Dans l'après-midi et alors que j'avais prévu d'aller voir Les beaux-gosses, je reçois un coup de fil de Jonathan. Son interview de Xavier Dolan, réalisateur de J'ai tué ma mère, s'est tellement "bien" déroulée qu'il a été invité à la soirée du film. Je serais donc son accompagnatrice. En haut d'un immeuble cannois, j'assiste alors dans l'excitation à ma première vraie soirée du festival. Le barman est un tueur aux cocktails ravageurs, peu compatibles avec le peu de nourriture ingurgitée et de sommeil emmagasiné. Dans la foule, Mylène Jampanoï est déchaînée ! Une soirée assez étrange et surréaliste dont le retour fut plutôt chaotique. L'accident survenant, me promettant une belle cicatrice sur le genou ! Décidément, Cannes fait tout pour être inoubliable :p

Publié dans Festivals

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