Divorce à l'italienne / Divorzio all'Italiana / Pietro Germi

Publié le par Limess




Sortie: 22 mai 1962 / 8 juillet 2009

> L'histoire: Comment détourner la loi qui interdit le divorce quand on est amoureux d'une attrayante personne ? Après avoir poussé l'encombrante épouse à l'adultère, il ne reste plus qu'à venger son honneur.

Oscar du meilleur scénario en 1963, Divorce à l'italienne est une formidable comédie de moeurs, dépeignant avec délice et loufoquerie l'évolution de la place des femmes dans la société italienne. Ferdinand a tout pour être heureux. Marié à une femme fidèle et amoureuse, logeant sous le toit familial, pouponné par la mama italienne, il se délecte pourtant dans le fantasme d'une toute autre existence. Sa femme, mono sourcil et poil au menton, n'a en effet rien à envier à la grâce de sa douce, naïve et accessoirement blonde petite nièce. Celle qu'il espionne en douce avant d'aller se coucher, tel un James Stewart en puissance... comme son père, d'ailleurs, au même moment. Tentant le tout pour le tout, il décide alors de contourner l'interdiction de divorcer qui fait alors rage dans son pays en poussant sa femme à l'adultère, préparant mentalement son futur procès en devenir suite au "crime passionnel" qu'il commettra alors. Dans cette affaire, l'homme a toutes les cartes en main... Du moins, c'est ce que laisse penser les apparences.


S'appuyant sur le statut et la carrure de son acteur principal, Pietro Germi s'amuse de la figure du grand Marcello Mastroianni en le confrontant à la libération des femmes, qu'elle soit intellectuelle ou sexuelle. A l'image de cette Dolce Vita, diffusée dans son village et source de nombreux émois chez les spectateurs présents. Marcello a tout - et d'autant plus dans la conscience collective - du macho et séducteur par excellence. Il est ici cigarette au bec, raie sur le côté, tic aux lèvres et costumes trois pièces sur mesure. Sauf que comme ses cheveux, totalement fous et bouclés au réveil, tout ne se passe jamais comme il l'avait prévu, ses plans étant toujours pris de court par la gente féminine. On est bien loin du dressage au fouet du 8 et demi de Federico Fellini, tourné quelques années plus tard. Totalement absurde et farfelu, la ressortie de Divorce à l'italienne donne donc l'occasion de (re)découvrir à nouveau l'immense palette de jeu de Marcello Mastroianni, sorte de Cary Grant italien, cabotinant et séduisant encore les foules pour notre plus grand plaisir. Le film de Pietro Germi est lui une comédie extrêmement drôle et jubilatoire, soit un pur moment de bonheur en cette chaleur estivale !




> Festival international de Cannes 1962: en compétition
> Oscars 1963: Meilleur scénario / Nominations meilleur réalisateur, meilleur acteur

 Crédit photo: Ad Vitam

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