Une arnaque presque parfaite / The brother Bloom / Rian Johnson

Publié le par Limess




Sortie: 05 août 2009

> L'histoire:  Deux frères sont spécialisés dans les arnaques de haut vol. Rien n'est impossible pour eux et les mises en scène sont toutes plus spectaculaires les unes que les autres. Lorsqu'ils s'attaquent à une riche héritière excentrique, ils ne se doutent pas qu'ils vont avoir à faire à une charmante manipulatrice qui cache bien son jeu.

Repéré en 2005 au festival de Sundance, puis à celui de Deauville, Rian Johnson est de ses jeunes prodiges américains du cinéma indépendant, attendu au tournant après son aussi étonnant que détonnant Brick. Quelques années plus tard et un nombre de moyens considérables supplémentaires, le revoici donc à nouveau avec un étrange film, mêlant une fois encore plusieurs genres cinématographiques. Et si Brick mélangeait sans vergogne polar façon années 50 et teenage movie, Une arnaque presque parfaite jongle, lui, habillement entre thriller, film d'arnaque, comédie pure et comédie romantique. Soit l'histoire de deux frères, rois de l'escroquerie, en route pour duper une charmante millionnaire pas aussi naïve qu'elle en a l'air. Permettant dès lors au réalisateur de parcourir une Europe de carte postale, aussi colorée que romantique, de l'Angleterre à St Petersbourg. Tout en s'éloignant radicalement de son premier film, Rian Johnson propose néanmoins un nouveau scénario particulièrement alambiqué, au départ tout à fait lisible avant de s'embourber dans de multiples retournements de situations et fausses fins en tout genre. Nous perdant un temps avant de subjuguer dans un final, aussi beau que lyrique. A croire que le film d'arnaque ne sait pas faire dans la simplicité. Ici, malgré un scénario participatif, donnant à voir toutes les pièces du puzzle, il est très facile de ne plus savoir qui dupe qui, Rian Johnson brouillant les cartes avec une facilité désespérante, tout en perdant, au même moment, son rythme enivrant.


Dans tous les cas, le succès majeur d'Une arnaque presque parfaite tient du capital sympathie qui émane de son casting de renom et cette galerie de personnages aussi fous que complexes, donnant l'occasion à ses têtes d'affiche de s'en donner à coeur joie. Rachel Weisz est ainsi incroyablement irresistible en millionnaire un peu dingue, collectionnant les hobbies en tout genre - il faut la voir passer du piano au skate, du ping-pong au karaté -, tout comme Rinko Kikuchi, en experte en nitroglycérine, muette et totalement timbrée. Côté masculin, si Mark Ruffalo ne s'en sort pas trop mal, Adrien Brody, lui, ravit en grand romantique un brin timide, soit un rôle - et une interprétation - proche de ce son personnage du Darjeeling limited. Une comparaison qui ne s'arrête d'ailleurs pas là, Une arnaque presque parfaite invoquant souvent à l'esprit la loufoquerie du dernier Wes Anderson, par un humour comme en décalage constant, ici, néanmoins, beaucoup plus incisif. Mais la particularité principale d'Une arnaque presque parfaite, c'est qu'il jouit avant tout d'un cinéaste brillant et créatif, sans cesse à la recherche d'une mise en scène proche de la bande dessinée. Chaque plan est ainsi l'occasion d'une profondeur de champ extrême, provoquant souvent le rire dans son arrière plan ou des gestes anodins - tel le passage du sucrier infernal. Rian Johnson allant jusqu'à convoquer pour de la figuration, et sous forme d'un clin d'oeil, son acteur de Brick, l'extraordinaire Joseph Gordon-Levitt, tout comme dans un mini rôle, l'actrice Nora Zehetner, vue depuis dans la série Heroes. Réjouissant, assez drôle et particulièrement étonnant, Une arnaque presque parfaite, malgré un scénario complexe pour pas forcément grand chose, rappelle à l'esprit Un bon baiser de Bruges. Mêlant loufoquerie et mélancolie, de manière tout à fait habile. Soit un agréable divertissement au casting plus que savoureux.




Crédit photo: SND

Publié dans En salles

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