J + 1: Cinéma, cinéma, cinéma...

Publié le par Limess


Même avec toute la meilleure volonté du monde, un réveil à 7h30 du matin, après une nuit aussi courte qu'agitée, n'a rien de franchement glorieux. Les journalistes semblent d'ailleurs de mon avis vu le peu de monde présent à la projection presse de Julie & Julia, prévue à 9h ce samedi là. Et si la proximité de la date de sortie pourrait expliquer ce désertement des salles, cette absence fera dans tous les cas le bonheur de certains, les organisateurs comblant les sièges vides en laissant entrer quelques courageux festivaliers. Drôle de réveil, donc, que ce Julie & Julia, nouveau film de la réalisatrice Nora Ephron, regroupant une nouvelle fois Meryl Streep et Amy Adams après Doute. Et entre boeuf bourguignon, homard bouilli et tarte tatin, le film ne parle que de cuisine française, suivant le destin de deux femmes à deux époques différentes. Une sympathique comédie malheureuseument handicapée d'un rythme bien trop mou et d'un manque de surprises qui l'empêchent d'échapper à son aspect éphémère. Reste la performance de Meryl Streep, tellement en roue libre qu'elle en devient très drôle. Un film, dans tous les cas, à ne pas découvrir le ventre vide (2/5).


Comme dans tous festivals qui se respectent, le public a bien intérêt à préparer son planning à l'avance. Les films sont ici répartis en trois catégories – avant-premières, compétition et Les docs de l'oncle Sam -, dans trois salles de la ville. Sauf qu'à Deauville, les choses sont organisées de manière tout à fait surprenante, le festival proposant une programmation massive des blockbusters de la rentrée le week-end avant de démarrer la compétition en début de semaine. D'où l'envie, aujourd'hui, de s'orienter quasi exclusivement vers le documentaire. A commencer par Nightmare in Red, White and Blue: The Evolution of the American Horror Film qui, comme son nom l'indique, retrace toute l'histoire du cinéma d'horreur, en corrélation avec l'évolution de la société américaine. Une sorte de cour d'histoire du cinéma en accéléré, à coup de très courts extraits de longs métrages, berçés par une voix-off un brin trop didactique. Car le documentaire, s'il est particulièrement ludique, ne fait que survoler son sujet tout en saturant, et ce, paradoxalement, le spectateur par un trop plein d'informations et la rapidité de ses explications. Reste le plaisir cinéphile de redécouvrir quelques morceaux d'excellents films de genre, de La fiancée de Frankenstein de James Whales à La féline de Jacques Tourneur, le Freaks de Tod Browning jusqu'au très récent The mist (2,5/5).


Les séances s'enchainent et ne se ressemblent pas. La salle à beau être toujours la même, les sujets, eux, changent radicalement. Des films fantastiques, on passe à la biographie sous forme d'exutoire autour de Boy Interrupted, de Dhana Perry, retraçant la vie de son fils décédé. Evan Perry était un adolescent de 15 ans, atteint depuis l'enfance de maniaco depression, appelé aussi « troubles bipolaires ». Sans entrer dans les détails de la maladie, le film expose de manière douloureuse les différentes étapes de sa courte vie. Le sujet est lourd et particulièrement pesant, prenant à temoin le spectateur comme une forme de thérapie pour la réalisatrice. Au point qu'il est impossible de critiquer correctement le film sans être pris d'un profond sentiment de culpabilité (3/5). D'où la neccessité, à la sortie, de prendre un petit remontant, histoire de se remettre de ses émotions. De se rendre compte, aussi, du manque d'événements marquants dans la journée. Car alors que la ville se prépare à accueillir Meryl Streep, l'une des rares stars américaines à avoir fait le voyage, le froid aura, lui, eu raison de moi. Je n'ai plus qu'à rentrer me lover dans ma caravane... Lieu idéal pour ajouter un peu de festivité à ce microcosme cinématographique, loin des hotels du coin !

> Egalement publié sur Ecran Large.

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