J + 5 - "Soderbergh a vraiment une tête d'alien !"

Publié le par Limess


Mon entretien parisien n'aura finalement duré que cinq minutes et il n'est pas encore midi que je suis déjà repartie vers Deauville. Un timing d'une impressionnante précision, me permettant même d'accéder à la projection de The Killing Room
, l'un des films les plus excitants de cette compétition. Réalisé par Jonathan Liebesman, l'œuvre reconstitue une expérience scientifique où quatre citoyens américains deviennent les jouets d'un programme gouvernementale. Un long métrage qui si, au départ, pouvait laisser attendre à une sorte de Saw, mise finalement, et ce de manière tout à fait brillante, sur une torture psychologique et non physique. Le résultat est impressionnant, The Killing Room proposant de se mettre à la fois à la place des victimes et des voyeurs, imposant une tension implacable dès ses premières minutes. Une grosse claque dans cette compétition plutôt axée sur les rapports humains, ultra politique et brillamment écrite, expliquant, notamment, comme il est possible en seulement trois points de terroriser un américain, suite au traumatisme du 11 Septembre. Marquant, donc (5/5) ! L'un des plus sérieux candidats de la compétition. La salle est, elle, visiblement partagée... Est-ce le fait que la moyenne d'âge du public plutôt élevée ? Peut-être.

A la différence des séances du matin, les séances de l'après-midi s'enchaînent à vitesse grand V. A peine le temps de souffler qu'une avant-première se prépare, celle de The Open Road
, de Michael Meredith, avec Justin Timberlake et Jeff Bridges. Soit un road movie tout ce qu'il y a de plus conventionnel, le genre dont on devine la fin dès les 10 premières minutes. Car Justin interprète un jeune base-balleur, obligé d'aller prévenir son père absent, suite à l'attaque cardiaque de sa mère. L'occasion, au volant d'une grosse voiture, de se remettre en question, de poser toutes les cartes sur la table histoire, peut-être, de tourner la page. Naïf et ultra léger, aussi vite vu, aussi vite oublié (1/5).

Mais place à l'événement de ce soir. Car après Meryl Streep, il aura fallu attendre ce mercredi pour voir débouler quelques têtes d'affiches. C'est le cas de Steven Soderbergh, sans Matt Damon - pour info, il était de rentrée des classes, haha -, venu, après Venise, présenté The informant
. Soit son quatrième long métrage à sortir cette année en France. Dans le genre cinéaste boulimique, on ne fait donc pas mieux en ce moment. The Informant suit l'histoire de Mark Whitacre, un mythomane professionnel qui cause l'un des scandales financiers les plus rocambolesques des Etats-Unis. Le rythme est soutenu, le montage extrêmement fouillé - comme ça l'est souvent, d'ailleurs, chez Soderbergh - au point de perdre assez facilement le spectateur. Passant sans cesse de la voix-off aux personnages. Mais, il y a Matt Damon, impressionnant avec ses quinze kilos en plus, et un réalisateur de génie. Il est ainsi très facile de rattraper le train en marche et de prendre du plaisir devant ce qui s'avèrera être une comédie loufoque élevée et sympathique (3/5). Dommage alors que le cinéaste n'ait eu que moins de cinq minutes pour la présentation de son film, on aurait bien aimé en profiter un peu plus !

> Egalement publié sur Ecran Large.

Publié dans Festivals

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