Alice, ou les désirs / Jean-Michel Hulin

Publié le par Limess

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Sortie: 24 février 2010

> L'histoire: Alice (Caroline Mercier), jeune professeur de mathématique se retrouve, du jour au lendemain, plaquée par son copain. L'occasion pour elle de partir à la découverte de ses fantasmes et de ses désirs, des bras d'un jeune étudiant pervers à ceux de +aître Raffiné...

Deux couples mangent ensemble chez l'un d'entre eux. Profitant de l'attention de son auditoire, l'un des hommes propose alors de les faire participer à un petit blind test, histoire de tester leur culture de la musique classique... tandis que l'autre reçoit un appel téléphonique des plus inopinés. - "Qui c'était ?" - "Personne" - "Tu me prends vraiment pour une conne !" - "Straubb". D'une scène aussi anodine qu'un repas entre amis, Jean-Michel Hulin impose en quelques plans l'univers de son Alice, ou les désirs, plongée nanardesque dans les confins du désir, entre situations aussi abracadabrantes qu'hilarantes, dialogues sur-écrits et interprétation digne d'un épisode de Plus belle la vie. Attendu comme le messie pour une petit bande de blogueurs depuis le buzz créé par Voisin Blogueur en novembre dernier, Alice, ou les désirs se présente comme le premier volet d'une trilogie "amoureuse". Suivant les aventures érotiques d'une jeune professeur de maths, naïve et insouciante, à la découverte des pratiques sadomasochistes. Entrainée par sa cousine et un jeune étudiant lui vouant un culte pervers, Alice se laissera alors entraîner dans des plans toujours plus surréalistes, d'une séance photo improvisée au beau milieu des rues de Cannes à une soirée masochiste, organisée par Maître Raffiné, où la belle se retrouvera attachée par le bras, enfermée dans un placard. Et il faut le voir pour le croire tant Alice, ou les désirs révèle plus de l'irréel que du cinéma, Jean-Michel Hulin ne faisant preuve d'aucun bon goût ni d'ambition artistique quant à l'entreprise de son projet.

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Nanard culte se muant souvent en navet gonflant par un manque évident de rythme, Alice, ou les désirs n'épargne en aucun cas son actrice principale, Caroline Mercier, se donnant à la caméra comme peu oserait le faire. Filmée sans envie, elle s'active tel un bout de viande, se retrouvant des situations antisexes, à la limite du ridicule. Car si Alice, ou les désirs se voulait comme une exploration du désir, le film se révèle au contraire une expérience dépourvue de tout érotisme, de part le côté risible des séquences et une mise en scène des plus plates. Laissant Alice se faire fouetter dans sa salle de classe en calculant des équations au tableau avant de se faire prendre par son étudiant sur son bureau sans que celui ci ne daigne enlever son pantalon. Réussissant même l'exploit d'aller au bout de son plaisir. Entre gêne et pathétique des situations, Alice, ou les désirs est de ses films à voir en groupe histoire de se fendre la poire tant le long métrage de Jean-Michel Hulin atteint des sommets inénarrables. Et entre un défilé de tenues en cuirs, une danse improbable en jogging ou une virée nocturne en moto, rythmé par le I wanna be your dog d'Iggy Pop, Alice, ou les désirs se révèle, au choix, ou une douloureuse expérience cinématographique, ou une bonne tranche de rigolade, voir les deux, pour ce qui s'apparentera, dès les premières minutes, comme le nanard de l'année. Quoi qu'il en soit, on espère que Jean-Michel Hulin ne tardera pas trop à nous présenter les deux derniers volets de sa trilogie, mettant en scène une femme de 40 ans, puis une autre de 60. On en frémit d'avance !

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Crédit photo: Les Films à Fleur de Peau

Publié dans En salles

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