Another Year / Mike Leigh

Publié le par Limess

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Sortie: 22 décembre 2010 (France) / 05 novembre 2010 (Irlande)

> L'histoire: Un an. La famille. Les amis. Les joies. Les peines. L'amour. Le réconfort. La solitude. La mort. Le temps qui passe...

Présenté en compétition officielle lors du dernier festival de Cannes, Another Year était vu pour beaucoup comme l'un des sérieux prétendants à la palme suprême... jusqu'à l'arrivée d'Apitchatpong Weerasethakul et de son poisson-chat lubrique. Passionné depuis ses débuts par les histoires sur fond de politique thatcherienne, Mike Leigh semble opèrer depuis Happy-go-lucky un léger changement dans sa carrière, livrant des films moins dramatiques, à l'humour singulier. Another Year ou ni plus ni moins l'histoire d'un couple pilier, Tom et Gerri, aussi soudés que leurs célèbres homonymes. Accueillant chez eux, pour une tasse de thé, un repas, un barbecue, famille et amis trouvant dans ce couple une sécurité, celle qu'ils n'ont peut être pas dans la vie. C'est le cas de Mary, collègue de Gerri, célibataire dépressive, fofolle invétérée et légèrement portée sur la bouteille à laquelle Lesley Manville apporte une incroyable justesse.

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Telle une tranche de vie, Mike Leigh tisse sur une année, sur quatre saisons, les liens d'une galerie de personnages, travaillant sur la question du temps pour mieux étoffer leur psychologie. Pour mieux laisser éclater les secrets, sans pourtant faire dans l'éclat de voix. Car Another Year, c'est un peu le symbole du flegme à l'anglaise. Pas question de faire dans la démonstration de sentiments, tout y est dit sur un ton calme, sans emportement, peu importe les situations. De là découle un film particulièrement reposant, comme sous anti-dépresseurs, entre mélancolie et douce quiétude. Construit presque exclusivement sur des scènes de repas, le film donne ainsi l'occasion de laisser s'échapper des secrets, des maux profonds, des désespoirs, rebondissant sur ce couple à toutes épreuves. On y évoque le temps qui passe, la peur de la vieillesse, l'arrivée des nouvelles générations. De la mort, aussi. Jusqu'à ce qu'un mot blesse, fissurant une amitié vieille de plusieurs années. Véritable film d'acteurs - dont la plupart sont familiers du cinéma de Mike Leigh -, le cinéaste livre ainsi un film entre dépression et nostalgie, arrivant à être dans l'émotion sans tomber dans le drame, dans l'humour sans faire dans l'éclat de rire. A l'image de son titre, Mike Leigh dépeint ainsi une année comme une autre, d'une quotidienne banalité, fait de petits riens et de multiples repas. Dans l'attente de la vieillesse. Dans l'attente de la suite. Beau, sensible et émouvant, sans fioriture aucune. Spleen, quand tu nous tiens.

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Crédit photo: Film4

Publié dans En salles

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dasola 05/01/2011 17:48


Bonsoir, j'ai été agréablemeent surprise par ce film, le premier que je vois cette année. Il m'a réconciliée avec le réalisateur. Les acteurs sont tous formidables. Bonne soirée et excellente année
2011.