Away We Go / Sam Mendes

Publié le par Limess




COUP DE COEUR

Sortie: 04 novembre 2009

> L'histoire: Lorsque Burt et Verona apprennent qu'ils vont devenir parents, c'est la panique. Ils détestent la ville de province où ils habitent, et maintenant que les parents de Burt déménagent, plus rien ne les y retient. Ils décident alors de partir à la recherche de l'endroit parfait où fonder leur famille. Sur leur chemin, ils rendent visite à leur famille et à de vieux amis. Certains leur paraissent fous à lier, d'autres leur donnent envie de suivre leur modèle... Mais finalement, tous vont aider à leur manière Burt et Verona à réaliser qu'ils n'ont peut être besoin que l'un de l'autre pour fonder leur foyer.

Ordinairement peu prolifique, Sam Mendes revient pourtant en cette fin d'année avec un deuxième film, Away We Go, sorte de préquel des Noces Rebelles. Continuant son exploration intime de la famille américaine et plus particulièrement, du couple. Car Away We Go pourrait se voir comme le morceau manquant des Noces Rebelles, situé entre la rencontre de Kate Winslet et Leonardo Dicaprio et la première dispute du film, plusieurs années après. Moment où pour leur couple, tout allait pour le mieux, eux qui partaient à la recherche d'un foyer pour accueillir leur futur petite famille. Ce couple, c'est ici Burt et Verona, foulant les routes américaines, soucieux de trouver le domicile idéal. Parcourant de longs kilomètres, de la Floride à Montréal. Soit un road movie auquel Sam Mendes donne volontairement une tonalité indépendante, typé Sundance, comme un moyen radical de s'éloigner de la configuration des Noces Rebelles et de l'industrie hollywoodienne. Au son pop folk d'Alexi Murdoch, le cinéaste met ainsi en scène deux acteurs peu connus, John Krasinski et Maya Rudolph, dans une aventure humaine et émotionnelle, les confrontant dans chaque nouvelle ville à un autre couple et un type d'éducation différente...


Car, comme leurs prédécesseurs, Burt et Verona se pensent exceptionnels, découvrant avec stupéfaction les conseils et autres pratiques éducatives de leur famille comme de leur vieux amis. Des hippies chics aux couples à la dérive. Chacune de leur rencontre les poussant toujours un peu plus à remettre en cause leur mode de vie et leur espérance, tout en étant persuadés d'échapper à tous ses embarras. C'est là que Sam Mendes fait très fort, créant une sorte de transposition entre Away We Go et Les noces rebelles. Comme Kate et Leo, Burt et Verona, sure de leur amour, sont convaincus d'être au dessus des autres, résolus à ne pas tomber dans la banalité. Sauf que pour le cinéaste, il n'y a pas d'exception à la règle, lui qui crée une oeuvre qui, sous ses airs de feel good movie, se transforme petit à petit en drame à l'échelle humaine. De manière surprenante, Sam Mendes donne ainsi une portée beaucoup plus grande à son oeuvre, créant un climat assez pessimiste. Prenant peu à peu des airs d'exutoire pour spectateur déprimé. Donnant à voir un couple particulièrement attachant lutté contre un futur dont il n'y a, pour le cinéaste, pas forcément d'espoir. Les interprétations peuvent être multiples, les réactions, aussi... Dans tous les cas, Sam Mendes frappe une fois de plus très fort, livrant une oeuvre sensible et plus bouleversante qu'elle n'y parait au premier abord, opérant une mutation aussi risquée que poignante dans ce terrain pourtant banalisé qu'est le film indépendant, bobo et solaire. Et puis, un long métrage qui mêle à sa bande son Bob Dylan, The Stranglers ou The Velvet Underground n'est au fond, et ce dès le départ, pas un mauvais film... Un très joli coup de coeur.




1. Sam Mendes: Les noces rebelles
2. John Krasinski: Smiley Face
3. Maggie Gyllenhaal: Sherrybaby
4. Allison Janney:
Juno
5. Chris Messina: Julie & Julia
6. Melanie Lynskey: The informant !


Crédit photo: Mars Distribution

Publié dans En salles

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Platinoch 03/11/2009 18:03


Ok pour la bande son. Pour le reste, j'ai trouvé ce film formidablement factice et creux. Et au final, derrière ses côtés anticonformistes, "Away we go" finit par ressacer la même rengaine
moraliste américaine: l'accomplissement dans la famille et dans les racines de l'Amérique profonde. Tu l'auras compris, j'ai pas du tout accroché!!!