Bright Star / Jane Campion

Publié le par Limess

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Sortie: 06 janvier 2010

> L'histoire:
Londres, 1818. Le jeune poète anglais de 23 ans, John Keats (Ben Whishaw), et sa voisine Fanny Brawne (Abbie Cornish) entament une liaison amoureuse secrète. Mais lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami du jeune homme réalisent l'attachement qu'ils se portent, il est trop tard pour les arrêter...

Si elle reste à ce jour la seule femme à avoir été récompensé d'une palme d'or pour La leçon de Piano, Jane Campion ne se repose pas pour autant sur ses lauriers. Revenant cette année sur la croisette avec Bright Star, évocation partielle mais très fidèle de la vie du poète romantique anglais John Keats. La cinéaste y fait ainsi le portrait de deux jeunes créateurs marginaux que tout opposaient, Fanny, grande gueule et féministe avant l'heure, trouvant ses lettres de noblesse dans la couture, et John Keats, donc, homme fragile et timide, encore inconscient de son génie poétique. Deux personnes entières prêtes à se donner corps et âme dans le sentiment amoureux, quitte à s'y perdre eux-mêmes. Alors que la plupart des films tendent à mettre en scène la naissance du sentiment amoureux, Jane Campion fait elle le choix de s'intéresser à l'amour même, de ses beaux jours à la soumission qui en découle. Devenant pour chacun des personnages à la fois une délivrance et une profonde souffrance. Dès lors, tout est extrêmement pur dans Bright Star, la cinéaste faisant de l'amour l'élément essentiel de la vie de John et Fanny. Mais alors que celle-ci inspirera le jeune poète, elle sera aussi le catalyseur de tous ses maux, Keats ne trouvant hélas plus le temps d'écrire. Une histoire romantique à souhait avec laquelle Jane Campion ne fait pas forcément dans la dentelle, au point de facilement agacer les plus cyniques d'entre nous. Car Bright Star souffre malheureusement d'un scénario un peu maigre, reposant sur une succession de "je t'aime, moi non plus", passant de l'amour à la haine, de la haine à l'amour, de l'amour à... sur fond d'Angleterre du XIXe siècle...

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Mais ce manque visible d'intrigue ne cacherait-il pas autre chose ? Car le nouveau Jane Campion est avant tout une oeuvre sensorielle plus que charnelle, donnant la part belle à la nature. En situant son histoire dans la campagne anglaise, la cinéaste néo-zélandaise met ainsi en place une mise en scène proche du Marie-Antoinette de Sofia Coppola, magnifiant la nature environnante et son calme apaisant. Renforçant le moindre son aux alentours, du vent sifflant dans les arbres aux piaillements des petits oiseaux. Ici, on se couche dans les champs de lilas violets. On monte dans les arbres, trouver l'inspiration. On se réchauffe dès le moindre rayon de soleil apparent. A ce titre, Bright Star est un véritable ravissement, une délectation visuelle où les tons pastels se mêlent aux couleurs vives des tenues de Fanny. Dommage alors que la cinéaste, parfaitement à l'aise quant il s'agit de créer des plans d'une beauté ravageuse, n'en fasse pas de même en ce qui concerne son scénario, Bright Star décevant prodigieusement de part sa redondance scénaristique, au bord de l'épuisement. Une oeuvre longue, donc, assez lente et bien trop chaste, paradoxalement assez peu passionnelle pour un film sur la passion amoureuse. Reste son couple d'acteurs, la belle Abbie Cornish qui fait ici office de véritable révélation et Ben Whishaw, confirmant tout le bien que l'on pensait déjà de lui.




> Festival international de Cannes 2009: en compétition


Crédit photo: Pathé Distribution

Publié dans Festivals

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ptiterigolotte 06/02/2010 10:55


Chateaubriannesque ^^ Il manque à mon goût de l'amour physique, trop romantique... mais bon c'est beau à contempler.


mymp 11/01/2010 19:31


Pour ma part, au contraire, Bright star m'a complètement transporté et ému. La passion, je crois, passe plutôt par les mots et les sensations, et non par une "exultation" obligatoire. Les lettres
et les poèmes lus entre Fanny et John sont comme des scènes d'amour, je tremblais à chaque fois tellement c'était beau, presque charnel. C'est sans doute mon côté midinette qui s'est complètement
affirmé pendant la projection :)


Limess 12/01/2010 19:28



J'ai vu le film à Cannes mais le nombre de critiques positives et le nombre de critiques de la part de la presse radicalement différentes de ce qui se disait sur la croisette, cela me donne envie
de le revoir...



Phil Siné 06/01/2010 13:29


Pas si bien que ça alors... zut ! la bande annonce m'avait fait envie pour une fois... ;)


Anna 16/05/2009 13:07

La déception a l'air général, du coup je suis déçue, ce film me faisait très envie^^