C'est ici que je vis / Marc Recha

Publié le par Limess

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Sortie: 10 février 2010

> L'histoire: Agé de 17 ans, Arnau (Marc Soto) a bien du mal à grandir. Sa mère est en prison et personne dans la famille n'a d'argent pour lui payer un bon avocat. Jusqu'à ce que son oncle (Sergi Lopez) ne l'initie aux courses de lévriers, mettant en exergue sa passion toujours plus envahissante pour les animaux. Des oiseaux chanteurs aux renards...

Contrairement à "l'idée reçue", il n'y a pas que Pedro Almodovar pour alimenter la production cinématographique espagnole contemporaine, la plupart des cinéastes ne jouissant pas de sa médiatisation, à l'instar de Marc Recha, livrant avec C'est ici que je vis son cinquième film. Posant sa caméra dans un coin reculé de la Catalogne, donnant à voir, en toile de fond, les immeubles d'une Barcelone étincellante, le cinéaste y filme une famille sans le sous, survivant maladroitement dans cette campagne désertique, s'agrippant à des petits boulots, attendant la venue d'un parent bien mieux loti. Parmi eux, Arnau, jeune adolescent déboussolé par l'emprisonnement inexpliqué de sa mère, cherchant tant bien que mal à réunir de l'argent afin de lui payer un avocat. Cultivant une passion immodérée pour les compétitions d'oiseaux chanteurs avant qu'on ne lui propose des paris plus alléchants lors de courses de lévriers. Conçu comme une tranche de vie, donnant à voir un moment singulier dans la vie d'Arnau, C'est ici que je vis se veux une chronique adolescence, croquant à grands traits la perte de l'innocence et ce douloureux passage à l'âge adulte. Arnau se révélant incapable de choisir entre ses loisirs enfantins et les responsabilités qui lui tendent les bras, lui qui est encore particulièrement naïf et excessif. En se confrontant au monde adulte, celui-ci en perdra quelques plumes, découvrant les travers et la cupidité d'un univers particulièrement agressif. Revenant dès qu'il peut vers celle qui ne l'a jamais trahit, la nature, adoptant un renard sauvage et blessé tout en élevant des oiseaux chanteurs dans le but de remporter de futures compétitions... Jusqu'à ce que l'on vienne une fois de plus lui proposer de l'argent.

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Fable minimaliste pour conte humaniste bercé par le doux soleil espagnol, C'est ici que je vis avait ainsi tout pour nous séduire, proposant une galerie de personnages conséquente tout en s'appuyant sur un casting des plus craquants, d'Eduardo Noriegua à Sergi Lopez. Pourtant, aussi bonnes que furent les intentions du cinéaste, C'est ici que je vis souffre de la trop grande simplicité de son scénario, donnant à voir un morceau de vie sans en donner les cartes pour le déchiffrer. Particulièrement abscons, le cinéaste lance en l'air de multiples intrigues sans jamais chercher à les résoudre, voir même à les commencer, trop attaché à suivre à la trace son héros adolescent. Proposant un récit des plus simplets, à l'image de la naïveté d'Arnau, nullement surprenant et d'autant plus attendu. De ses déboires liés aux courses de lévriers, digne du Pickpocket de Robert Bresson à la rencontre entre ses amis les bêtes, entre prédateur et proies en puissance. Complètement à côté de son sujet, le cinéaste en vient même à alourdir son film de plans sortant souvent de nulle part, à l'instar de ce Sergi Lopez se grattant l'entrejambe... Difficile, ainsi, de ne pas être déconcerté à la découverte de ce nouveau Marc Recha, le cinéaste livrant une oeuvre aussi vaine qu'insignifiante. On en ressort avec la désagréable impression d'un film se concluant là où il aurait pu commencer, C'est ici que je vis se révélant le prototype même d'une oeuvre tournant autour du pot sans jamais en atteindre sa cible. Dommage.

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> Festival Cinessonne 2009: en compétition

Crédit photo: Ad Vitam

Publié dans En salles

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simony 05/04/2010 15:51


"Fable minimaliste pour conte humaniste bercé par le doux soleil espagnol", ma qué charabia, madre mia...
Pas une miette de trop dans le film, mais aller au bout de l'article...


Voisin Blogueur 24/02/2010 14:50


C'est clair : bouhhhh !
Très belle tranche de vie.
Vilaine ! :) hihihi


Phil Siné 21/02/2010 21:30


mais non c'est pas du tout vrai ! c'est une tranche de vie magnifique se concluant sur l'image de la fin des illusions... c'était parfaitement le bon moment, bien qu'on soit triste que le film ne
continue pas effectivement... mais après, je pense que ça aurait été carrément glauque et moins poétique... j'ai trouvé c film vraiment très beau et très doux... bouh !