Cyrus / Jay et Mark Duplass

Publié le par Limess

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Sortie: 10 septembre 2010 (Irlande) / 15 septembre 2010 (France)

> L'histoire: Toujours célibataire après sept ans de divorce, John (John C. Reilly) rencontre Molly (Marisa Tomei). Si le coup de foudre est immédiat, celui-ci va bientôt faire la rencontre de son fils, Cyrus (Jonah Hill), avec qui elle entretient une étrange relation. Mais Cyrus n'est pas prêt à partager sa mère...

Des frères Duplass, on ne connaît vraiment que Mark, acteur dans des comédies typées Sundance, de Humpday à Greenberg. Rien de particulièrement surprenant alors de le retrouver à la tête de Cyrus, "produit" type d'un festival du film indépendant. Oscillant entre casting doré et micro budget. Pour leur deuxième collaboration derrière la caméra, après l'inédit Baghead, les frères Duplass livre avec Cyrus une sorte de pendant amer du Frangins malgré eux d'Adam McKay. Comédie désopilante sur la difficile acceptation d'un étranger dans sa famille, à laquelle participait déjà John C. Reilly. Mais ici, point de Will Ferrel, l'acteur se confrontant à un Jonah Hill des plus inquiétants. Couteau à la main, pas encore prêt à partager sa mère avec un autre homme. Et si l'affiche et la présence de deux des comiques américains les plus en vues du moment pouvait laisser espérer une comédie salvatrice, Cyrus prend rapidement le spectateur de court, se révélant une sorte de comédie dramatique à l'humour noir assez dérangeant. Distillant au fil de son récit une sensation de doux malaise. S'organisant autour d'une sorte de triangle amoureux, Cyrus tisse doucement le portrait d'une galerie de personnages encore très attachés à leur passé. De John, dont l'ex-femme n'est autre que sa meilleure amie, à Cyrus, encore allaité par sa mère à dix passé, entretenant avec elle une relation presque incestueuse. Difficile de grandir chez les Duplass, que l'on ait 20 ou 40 ans. Chronique d'une maturité en retard, Cyrus s'organise ainsi autour de ces deux éternels ados, l'un ne valant finalement pas l'autre. Passant ainsi du malsain au pathétique, d'un vol de chaussures à une bagarre en costumes...

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Si Cyrus avait de quoi séduire, le film déçoit pourtant rapidement dans son incapacité à sortir des sentiers battus de Sundance. Les deux cinéastes usant à tort et à travers d'une mise en scène volontairement indépendante, extrêmement poussive. Jouant d'une réalisation caméra à l'épaule, à coup de zooms et de dézooms permanents, particulièrement fatiguants. Tourné dans l'ordre chronologique, de manière quasi improvisée, Cyrus s'auto-revendique ainsi comme un film d'acteurs, laissant les comédiens exister, peu écrasés sous le point d'une mise en scène et d'un scénario débridés. Il faut dire que le casting a de quoi faire rêver, ses deux têtes d'affiche masculines étant accompagnées de Marisa Tomei et de Catherine Keener, à l'affiche de la majorité des productions indépendantes du moment. Sensible et espiègle, Cyrus se révèle ainsi un drôle de mélange en émotions et embarras, ne sachant pas toujours sur quel pied dansé. Plongeant dans une sorte de perplexité permanente. Un film assez original tout en éculant les clichés Sundance, difficile à aborder, difficile à complètement apprécier. Comme si le masque des clowns tombaient peu à peu, à l'image du dernier Judd Apatow, Funny People...

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> Mark Duplass: Humpday / Jonah Hill: Funny People / Marisa Tomei: The Wrestler / Catherine Keener: Into the Wild, Synecdoche, New York, Un été italien, Le Soliste, Max et les maximonstres


Crédit photo: Fox searchlight

Publié dans En salles

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