Harry Brown / Daniel Barber

Publié le par Limess

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Sortie: 12 janvier 2011 (France) / 11 novembre 2009 (Irlande)

> L'histoire: Alors qu'un de ses amis vient de se faire assassiner par des jeunes du quartier, un ancien marine à la retraite décide de le venger. "Oeil pour oeil, dent pour dent".

Ancré dans une Angleterre contemporaine, le premier long métrage de Daniel Barber marque le retour d'un genre en perdition, celui du vigilante movie, du film de revanche, de vendetta, associé dans l'imaginaire collectif à des figures telles que Clint Eastwood et son Dirty Harry ou Mel Gibson et la série des Mad Max. Pas de surnom aussi cliquant pour Harry Brown, ancien marine à la retraite, vivant dans un quartier sensible de l'Angleterre. S'il tue, ce n'est pas pour son bon plaisir mais pour venger la mort d'un vieil ami, sauvagement assassiné par une bande de la cité. Laissant ressortir une partie de son passé qu'il avait jusqu'alors enfoui au plus profond de lui, pour l'amour de sa femme. Mais Harry est désormais seul, n'ayant plus que pour lui un plateau d'échecs et un sens toujours aigu du maniement des armes. Prêt à faire le boulot que la police se résigne à accomplir, celui de vider les rues des cités de la violence et de ses trafiquants, de manière plus expéditive, plus sanglante. Car Harry Brown, avant de faire dans la justice revancharde, dépeint le portrait d'une Angleterre livrée à elle-même, par la faillite des institutions. Laissant une jeunesse dans la rue, au service des dealers ou des chefs de bande. Assez réaliste sur la situation actuelle des quartiers anglais – et par extension, irlandais -, Daniel Barber n'est néanmoins pas là pour les blâmer, ne donnant jamais la parole à ces jeunes, déconnectés de la réalité. Agissant la plupart du temps comme des "animaux", à l'image de cette séquence d'ouverture, en caméra subjective, présentant les sanglants dérapages d'une initiation à une bande du coin. S'ils sont eux-mêmes revenus à un état primitif, pourquoi ne pas agir de même avec eux, laisse alors entendre Harry Brown, laissant ce retraité se livrer à des actes de violence gratuite, toujours justifiés par le barbarie subie par son ami. Et si la morale du film se fait dérangeante, prônant la politique du "oeil pour oeil, dent pour dent", force est de constater qu'il avant tout un long métrage terriblement efficace.


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Harry Brown, c'est Michael Caine, immense acteur parcourant le cinéma depuis des décennies. Incarnant depuis quelques années la figure du mentor dans les films de Christopher Nolan. Il participe ici presque à lui seul à la réussite du long métrage, donnant l'émotion nécessaire pour nous mettre de son côté. Si Harry Brown a tout du grand-père tranquille, presque idéal, ses méthodes d'action sont elles plus que spectaculaires. Zigouillant sur son passage petit jeune et grand dealer. Dès lors, Harry Brown flirte presque avec le film de genre, livrant des séquences à la limite de l'horreur, à l'image de cette expédition punitive dans un souterrain où Brown fait de Jack O'Connell, l'attachant et survolté Cook de la série britannique Skins, un appât idéal. Violent et tendu, le film impose un rythme entêtant, mêlant les actions de Brown et les piétinements de la police, bien trop désorganisée et dépassée pour réaliser quoi que ce soit. Et si le film retombe quelques peu dans les clichés sur sa fin, il se révèle néanmoins un thriller noir captivant, violent et bien ficelé. Quand papi prend les armes, on a décidément pas envie de se retrouver sur son chemin.

 

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Crédit photo: Liongates Films

Publié dans En salles

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