Hors de contrôle / Edge of Darkness / Martin Campbell

Publié le par Limess

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Sortie: 17 février 2010

> L'histoire: Père célibataire, Thomas Craven (Mel Gibson), policier vétéran de la brigade de Boston, mène une vie plutôt tranquille, élevant seul sa fille de vingt-cinq ans (Bojana Novakovic). Alors que celle-ci rentrera à la maison, elle se fera sauvagement assassinée sur le ponton de la maison, amenant Thomas à se remettre en question. Est-ce lui qui était visé ? Menant l'enquête de ce meurtre, Thomas se rendra petit à petit compte que la vérité n'est pas aussi claire qu'elle pouvait le paraître, l'amenant à fouiller dans des affaires "top secret", entre magouille politicienne et écologique...

Près de huit ans se seront écoulées sans que l'on ait eu de nouvelles de Mel Gibson l'acteur, lui qui profita de l'arrivée du nouveau millénaire pour repasser plusieurs fois derrière la caméra. Livrant deux oeuvres qui firent particulièrement polémiques, La Passion du Christ et Apocalypto. La vie de Jésus vs la civilisation Maya. Et voilà que par un frais matin de février, Mel reprend du service, le visage marqué par le temps, prêt à a nouveau en découdre. Pistolet au point, paré en user. Revenant à un rôle dans la lignée de ceux qui firent son succès, de Mad Max à L'Arme fatale, dans la peau d'un flic et père de famille embarqué, malgré lui, dans une sanglante vendetta - again ! - à la suite du meurtre de sa fille. Quelques images familiales idylliques, filmées en caméra dv, et voilà que le film est déjà parti, Thomas Craven accueillant sa chère et tendre progéniture à la gare du coin. Dans la voiture, la complicité est forte, le moment bref mais savamment orchestré jusqu'à ce que celle-ci subisse quelques problèmes de santé. Mal de crâne et saignements de nez. Et alors que Thomas s'apprête à la conduire chez le médecin, Emma se fera sauvagement assassinée sur le ponton de la maison. Violemment. Sans prévenir. Trois scènes, quelques dialogues et le tour est joué, Martin Campbell se révélant d'entrée de jeu particulièrement efficace et brillant quant il s'agit d'installer et d'exposer une situation. A peine le temps de se relever et voilà Thomas à l'action, prêt à faire toute la lumière sur cette affaire dont il se sent responsable et dont, on devine bien, des dessous beaucoup plus complexes. L'intrigue s'annonce musclée... et puis, plus rien !

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Engagée par une agence s'occupant d'affaires plutôt louches en matière d'environnement, Hors de contrôle ne laisse aucun doute quant à la tournure des événements. De ce meurtre imprévisible, Thomas n'est en aucun cas la cause, à lui maintenant de déjouer les magouilles politiciennes et les codes d'usage de ce milieu véreux. Sauf que trop occupés à tisser les dessous de leur intrigue, basant leur histoire sur un flot de paroles ininterrompus - celui maniant le mieux la langue (de bois) remportant la manche -, les scénaristes en oublieraient presque de varier leur récit, créant petit à petit un désintéressement total envers cette enquête jouée d'avance. Si elle devait être passionnante dans la série britannique dont Hors de contrôle est l'adaptation, elle est ici particulièrement convenue et "déjà-vu", n'assurant aucun suspense quant à la suite des événements. Mais où est la baston ? Car si Martin Campbell se révèle particulièrement doué quant il s'agit de mettre en scène des séquences brutales, lui qui fit ses preuves lors du réussit Casino Royal, on ne pourrait en dire autant de ce ping-pong verbal et ce, malgré les retrouvailles à l'écran des excellents Ray Winstone et Danny Huston - réunis après The Proposition. Pire, le film distille petit à petit un propos manichéen et des plus malhabiles, collant étrangement et parfaitement bien à la figure de Mel Gibson. Faut-il mieux "être sur la croix ou planter les clous" ? Pour l'équipe, la réponse est toute trouvée, celle-ci se mêlant à un discours emprunt de religiosité où la vengeance serait vecteur de rédemption d'un père envers sa fille. De ce polar mal foutu et pas si prenant que ça, on ne retiendra que la performance de Mel Gibson, de tous les plans, imposant à l'écran une rage diffuse et un désespoir puissant, une brutalité et une charisme à tout épreuve. Malheureusement pas assez pour palier à cette vendetta embarrassante et inconfortable pour une histoire dont on se fout, finalement, plutôt facilement...

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1. Ray Winstone: The Proposition
2. Danny Huston: The Proposition
3. Denis O'Share: Harvey Milk / La Proposition


Crédit photo: Metropolitan FilmExport

Publié dans En salles

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