La Horde / Yannick Dahan et Benjamin Rocher

Publié le par Limess

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Sortie: 10 février 2010

> L'histoire: Décidés à venger la mort de l'un d'entre eux, plusieurs policiers prennent d'assaut une tour HLM afin de régler leurs comptes avec une bande de gangsters. Mais alors que la rixe tourne mal, le groupe se verra alors confronté à des événements paranormaux, la tour se retrouvant bientôt attaquée par une horde de zombies...

Dans l'excellent documentaire Viande d'origine française - diffusé sur Canal + puis présenté dans le cadre du festival de Gérardmer -, Tristan Schulmann et Xavier Sayanoff posaient l'hypothèse d'une possible future explosion du cinéma de genre français, déjà prolifique mais néanmoins relégué au second plan de part la production et le public, à la condition même qu'un film obtienne enfin un succès conséquent au box-office. Plaçant un bon nombre d'espoir dans La Horde, projet ambitieux mené à bout de bras par Yannick Dahan, Benjamin Rocher et des centaines d'internautes, co-producteurs de l'oeuvre par le biais de sites internet et, accessoirement, zombies du film. Là réside la force première de La Horde, la passion de ces supporters de la première heure transparaissant à travers l'oeuvre, à commencer par celle de nos deux apprentis cinéastes. Il faut dire que le film se révèle, au départ, assez surprenant, lui qui ne cherche pas à expliquer le phénomène même de "zombiphication", rentrant in media res dans le sujet, dans la baston pour la baston. Remonté après plusieurs premières séances désastreuses, poussant notamment Yannick Dahan et Benjamin Rocher à réduire considérablement une séquence de cimetière visiblement risible, les cinéastes font dès lors le pari de s'adresser à un public déjà acquis à la "cause zombie", bercée par une culture cinéphile allant de Jacques Tourneur à George Romero, Joe Dante ou même Edgar Wright. Il faut dire que la figure du zombie parcourt le cinéma depuis les années 40, de quoi alimenter un mythe toujours plus prégnant. Dès lors, nul besoin de donner une quelconque explication au phénomène, zombies il y a, zombies il y aura. Faut-il encore maintenant que nos charmants personnages arrivent à sortir de ce HLM où ils se sont barricadés, laissant le champ libre à des multiples affrontements, dont certains particulièrement jouissifs - tel un combat de femmes dans une cuisine. Dommage alors que le tout ne soit pas totalement à la hauteur de l'événement, Yannick Dahan et Benjamin Rocher perdant petit à petit de vue le but premier de l'entreprise...

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Conscient de détenir un casting aussi surprenant qu'éclectique, du très charismatique Jean-Pierre Martins à la tête à claque Claude Perron, les cinéastes pêchent lorsqu'il s'agit de créer une psychologie à leurs personnages. De la confrontation de deux frères gangsters - "Maman avait raison, tu es égoïste" - à la question de la maternité d'Aurore, la poussant à devenir toujours plus antipathique. Jusqu'à ce qu'arrive Yves Pignot, donnant, au départ quelques saynettes particulièrement amusantes - "On lui coupe la jambe" - avant de devenir tout bonnement détestable de part son excentricité et la caricature de ce personnage, vétéran du Vietman, prêt à tout pour butter du zombies - "Les jaunes, les jaunes". Il aura d'ailleurs fallu huit mains pour écrire ce scénario volontairement minime mais surtout empli de répliques assez risibles et non moins vouées à devenir cultes (challenged accepted), plongeant souvent le spectateur dans un total embarra. Néanmoins, si La Horde n'est pas le grand film de genre français attendu, il en reste un exercice de style assez intéressant, jonglant plutôt adroitement avec son budget limité - une voiture, une centaine de figuration et le tour est dans la poche. Il en découle un film de genre assumé, souvent maladroit mais pas forcément détestable, annonçant l'arrivée d'un carton de productions françaises particulièrement alléchantes, de La meute (Yolande Moreau, Emilie Dequenne, Benjamin Biolay) à Djiins (Grégoire Leprince-Ringuet, Aurélien Wiik) ou Proie (des sangliers mutants vs Grégoire Colin et Bérénice Béjo)... To be continued !

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1. Jean-Pierre Martins: Gamines

> Mostra de Venise 2009: avant-première
> Festival du film fantastique de Gérardmer: en compétition


Crédit photo: Le Pacte

Publié dans En salles

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Phil Siné 21/02/2010 15:30


comme tu dis un film "risible", ce qui est inquiétant pour un film de zombie... mais bon je ne désespère pas et attends donc impatiemment quand même les prochaines productions dont tu parles et
dont j'ignorais l'existence... surtout avec yolande, biolay ou leprince-ringuet, ça peut être (d)étonnant ! :)