Le discours d'un roi / The King's Speech / Tom Hooper

Publié le par Limess

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Sortie: 02 février 2011 (France) / 07 janvier 2011 (Irlande)

> L'histoire: Prince d'Angleterre, Albert (Colin Firth) a toujours eu des problèmes d'élocutions. A l'heure de la démocratisation de la radio, prononcer le moindre discours demeure pour lui une véritable épreuve. Jusqu'à ce que sa femme (Helena Bonham Carter) le présente à Lionel Rogue (Geoffrey Rush), orthophoniste aux méthodes peu orthodoxes. Et tandis qu'une succession d'événements majeurs forceront "Bertie" à prendre ses responsabilités, se nouera entre les deux hommes une amitié forte.

Réalisateur de séries télévisées, notamment pour la télévision britannique, Tom Hooper, après Red Dust et The Damned United, nous embarque pour son troisième long métrage dans les coulisses de la famille royale d'Angleterre, contant l'histoire méconnue de Geroges VI, père d'Elizabeth. Au temps où on pouvait encore l'appeler simplement "Bertie". Bègue depuis sa plus tendre enfance, Albert voit ainsi d'un mauvais oeil la démocratisation de la radio, moyen de communication devenu fondamental pour les politiques, permettant à la famille royale de se faire entendre au sein de chaque foyer anglais. Ecumant dès lors sans grand succès les séances d'orthophonie, jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance de Lionel Rogue, considéré comme un excentrique au sein de la profession. Faisant fi des protocoles. Pas question de s'adresser à Albert tel un sujet à son prince, au sein de son cabinet, on se parle d'homme à homme. Et tout le film alors de partir de la figure monarchique pour revenir à l'humain, se débarassant des principes royaux. L'heure est aux jurons, aux confidences, aux doutes, transformant bientôt les séances d'orthophonie en thérapie, la thérapie en amitié. Se faufilant dans l'intimité de la famille royale, Tom Hooper fait ainsi le choix de présenter Albert dans sa plus tendre intimité, de sa relation avec sa femme et ses filles à celle houleuse qu'il entretient avec son frère, futur Edward III, bien plus intéressé par les femmes que par le pouvoir. Laissant alors le film reposer sur des dialogues piquants et un scénario brillant, signé David Seidler, auxquels s'ajoute une direction d'acteurs imparable. Depuis A Single Man, Colin Firth semble ainsi opérer une véritable transformation, interprétant un Georges VI impressionnant, touchant par sa fragilité. A ses côtés, Helena Bonham Carter, tout en douceur loin de son compagnon Tim Burton et Geoffrey Rush, aussi drôle que sensible, prenant visiblement beaucoup de plaisir dans ce rôle de thérapeute peu orthodoxe.

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Chronique humaine d'une grande justesse, Le discours d'un roi gagne en intensité dans sa seconde partie. Alors qu'Hitler se fait de plus en plus menaçant et que la guerre risque d'éclater à chaque instant, le moment est pour Albert de prendre ses responsabilités et d'accepter une tâche qui ne lui était pas destiné. Celle de devenir roi, à l'heure où le monde semble sur le point de s'effondrer. Le film effectuant dès lors une sorte de renversement, partant de l'humain pour revenir à la figure royale. Véritable film sur la maturité, Le discours d'un roi se construirait presque comme une oeuvre initiatique... reposant sur la seule rencontre entre deux hommes que tout oppose. Où comment une partie du destin de l'Angleterre s'est finalement joué sur une simple et improbable amitié. Par une mise en scène sobre et soignée, Tom Hooper joue sur des plans décentrés et une utilisation constante de plans larges et de flous, comme pour signifier la perte d'Albert dans l'immensité de sa fonction. Lui sur qui tous les regards se braquent alors qu'il préférerait rester en second plan. Grand film sur la communication et le dialogue, Le discours d'un roi s'appuie sur le passage du discours public au discours privé, puis du discours privé au discours public, par le simple apprentissage de la parole. Remarquablement bien interprétée, l'oeuvre met ainsi sur le devant de la scène une histoire particulièrement étonnante pour un film qui sait lui se faire aussi passionnant que captivant. Une belle surprise.

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Crédit photo: Wild Bunch Distribution

Publié dans En salles

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essay writing 28/01/2011 14:18


wow, such a nice thing to deal with, i would really want to have some sharing over suhc a difficult case like this one is


Chris 16/01/2011 22:24


Je l'ai vu hier soir, et j'ai adoré. Après Black Swan avant hier soir, ce sont deux films ***** en 2 jours : 2011 commence fort !


Limess 17/01/2011 00:48



J'attends Black Swan avec impatience. Mais c'est vraiment que 2011 s'annonce plein de promesses.