Leonera / Pablo Trapero

Publié le par Limess

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Sortie: 03 décembre 2008

> L'histoire: Une femme (Martina Gusman), incarcérée, tente d'élever son fils né en prison.

 Film argentin présenté en compétition officielle lors du festival de Cannes, Leonera suit l'histoire de Julia, jeune femme enceinte, incarcérée à la suite d'un meurtre. En prison, elle donnera naissance à son fils Thomas. Mais comment élever un enfant quand on ne peut lui offrir la liberté ? C'est autour de cette problématique que Pablo Trapero a ainsi centré l'action de son nouveau film. Dans Leonera, il rend en quelque sorte hommage à ses mères-courages, tentant désespérément d'éduquer et d'élever leurs enfants, malgré des conditions de vie difficiles et ce milieu hostile qu'est la prison. Lieu où les insultes fusent, où les permissions de sorties sont restreintes et où les bagarres sont plus que fréquentes. Des femmes mais surtout une femme, Julia, petit gabarit qui semble vite s'adapter à ce nouvel environnement. Comme résignée par la tournure des événements. Sur plusieurs années, nous la verront peu à peu se métamorphoser, aussi bien mentalement que physiquement, à la fois par la prison et par son nouveau statut, celui de maman. Une Julia attachante et émouvante portée par une actrice inconnue, Martina Gusman, compagne du réalisateur. Sa performance tout en subtilité nous laisse encore pantois si bien que l'on se demande toujours comment le jury a pu passer à côté d'une telle performance ? A bien des titres, Leonera est un film rare et puissant, où l'émotion se fait sans cesse sentir. Un film dont on ne peut pas vraiment en dire plus sous peine de gâcher les multiples surprises qu'il réserve... 

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Ou du moins, pas totalement. Car lorsqu'on lit le synopsis de Leonera, on ne peut s'empêcher d'avoir une impression de déjà-vu. Pas tellement sur l'histoire mais plus sur le thème, celui de femmes enceintes en prison. Ce film qui nous vient à l'esprit, c'est Azul, sorti l'année dernière en toute confidentialité. On y suivait les aventures de Jorge, devant mettre enceinte la copine de son frère stérile. Le but: qu'elle puisse accéder à l'aile réservée aux femmes enceintes de la prison où elle était incarcérée. Si ce film ci était un petit bijou d'émotions, la vision réaliste et bouleversante de Leonera remet en quelque sorte en cause son discours. Azul présentant - du moins, c'est l'impression qui domine aujourd'hui -, une vision édulcorée des conditions d'incarcérations de ses femmes. Car pour Paula, la petite amie en question, l'aile réservée aux femmes enceintes est vue comme un sorte de paradis. Un endroit où elle pourrait échapper à sa dure réalité actuelle. Un espace qui était symbolisé à l'écran par une grande cour ensoleillée remplie de chaises longues, à l'opposé des tristes cellules grises dans laquelle elle était enfermée. Il est ainsi assez drôle de voir à quel point deux films, sortant dans un intervalle court, peuvent donner deux visions radicalement différentes d'un élément similaire. C'est aussi la magie du cinéma, cette capacité à donner une représentation de la réalité strictement subjective...

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Crédit photo: Ad Vitam

Publié dans En salles

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