Lola / Jacques Demy

Publié le par Limess

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Cycle Jacques Demy 01/14

Sortie: 1961

> L'histoire: A Nantes, une danseuse de cabaret (Anouk Aimée), très courtisée par les hommes, attend depuis sept ans le père de son enfant.


Tourné en 1960, Lola marque les premiers pas en tant que réalisateur de Jacques Demy, à une époque où apparaît sur le devant de la scène une flopée de jeunes cinéastes, désignés alors par la presse comme les instigateurs d'une nouvelle vague française. Si Demy s'est par la suite démarqué de ses confrères, Lola porte toutes les marques de son époque, de l'émergence de ce "mouvement". A commencer par les noms qui figurent au générique, Georges de Beauregard à la production, Raoul Coutard pour opérateur, collaborateurs privilégiés de Jean-Luc Godard, faisant eux aussi leurs débuts avec la nouvelle vague. Ensuite, parce que comme Claude Chabrol pour Le beau serge ou Les 400 coups de François Truffaut, son action se déroule dans un lieu bien connu du cinéaste: Nantes, son port de pêche, ses marins américains, ville d'enfance de Jacques Demy. Si le film s'ouvre sur l'entrée d'une voiture en ville et se termine sur sa sortie, c'est qu'il conte ni plus ni moins l'histoire d'une croisée de destinées. D'abord, il y a Roland, jeune homme flegmatique, rêvant de repartir loin des contrées françaises. Mme Desnoyers et sa fille Cécile, trouvant en ce garçon une sorte de distraction du quotidien. Et puis, il y a Frankie, marin américain, attendant son rapatriement à Calais, comblant l'attente dans les bras de la danseuse Lola, séduisante native de la région. Dans les rues de Nantes, Roland croisera Lola, copine d'enfance qu'il avait perdu de vue, Frankie rencontrera Cécile, avec qui il partagera des après-midi tandis que Mme Desnoyers se verrait bien, elle, revoir encore un peu le jeune Roland. Proposant plusieurs configurations différentes, au hasard des rencontres du quotidien.


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Filmé avec une grande liberté, Jacques Demy mêle les ambiances et les intrigues, du faux policier à la romance, puisant son inspiration dans l'imaginaire américain, son noir et blanc léché digne d'un polar et ces nantais qui se rêveraient en icônes cinématographiques. Marilyn pour Lola, du genre Bogart pour Roland, lui qui accepte de transporter pour le coiffeur du coin une mystérieuse mallette jusqu'en Afrique du Sud. Mais surtout, Jacques Demy y dépeint le portrait d'une femme, libre et de son temps, déclinée sous la forme de trois personnages, à plusieurs périodes de sa vie. Son enfance, son présent, son futur. Cécile, adolescente puis adulte, et Mme Desnoyers, toutes trois Lola, femme-enfant naïve et insouciante, mauvaise fille au grand coeur, incarnée, entre autres, par Anouk Aimée, son corset noir, sa chevelure de jet et sa diction à la Bardot. Dans l'attente de revoir un jour le père de son fils, Lola danse et chante au sein d'un cabaret miteux, aux côtés de la future Cléo d'Agnès Varda, Corinne Marchand, accomplissant ce qu'elle sait faire de mieux, séduire les hommes. Devenant la danseuse qu'elle souhaitait être enfant, se refusant à aimer un autre homme que son premier grand amour. Il transparait ainsi dans Lola une sorte de romantisme très premier degré, tel  un roman à l'eau de rose où l'adolescente devenue femme attendrait toujours le retour de son prince charmant. Donnant au film une sorte de légèreté, un côté pétillant que la mise en scène de Jacques Demy transcende. Faisant le doux portrait de Nantes, du café du coin à la fête foraine. Pas de drame dans Lola, ou tout au plus exquissé, en toile de fond, ancré au quotidien, à l'image de ce coiffeur devenu contrebandier.  Au contraire, tout semble possible, mettant en avant la magie du cinéma. Et si Jacques Demy souhaitait un film aux milles couleurs et chansons, Lola est au contraire une oeuvre épurée, rythmée par la symphonie de Beethoven et le leitmotiv de Michel Legrand, annonçant une future chanson de Peau d'âne. Proposant une sorte de bulle romantique et enchantée, un moment suspendu dans la vie d'une galerie de personnages, tous dans l'attente d'une évolution, loin des rues ennuyeuses mais lumineuses de Nantes la belle.


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Publié dans Ciné-club

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dissertation writing 24/01/2011 10:47


It's very interesting story about life of one woman. I advise to look it.