London Boulevard / William Monahan

Publié le par Limess

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Sortie: 26 novembre 2010 (Irlande)

> L'histoire: A sa sortie de prison, Mitchell (Colin Farrell) devient garde du corps d'une jeune actrice à la retraite (Keira Knightley). Mais alors qu'il noue une relation avec elle et tente de rester sur le droit chemin, son passé finit par le rattraper...

De scénariste à cinéaste, il n'y a qu'un pas pour William Monahan, oscarisé il y a presque quatre ans pour sa transposition des Infiltrés de Martin Scorsese. Pourtant, depuis, l'homme n'avait pas réinitié l'éclat, livrant coup sur coup les médiocres Mensonges d'état et Hors de contrôle. Adapté du roman de Ken Bruen, London Boulevard n'échappe malheureusement pas aux travers du scénariste, William Monahan proposant une histoire brouillonne, pas aidée par une réalisation peu inspirée. A sa sortie de prison, Mitchell, voyou au grand coeur, tente tant bien que mal de retrouver le droit chemin. Pas facile quand on habite chez un dealer, quand sa soeur à le don de chercher les emmerdes, quand un de ses amis se fait assassiner ou qu'un ancien patron lui propose de reprendre du service. Jusqu'à ce qu'il travaille aux côtés de Charlotte, jeune actrice traumatisée par les tournages, vivant recluse chez elle à l'abri des photographes et dont il tombera inévitablement amoureux. Une histoire d'amour sur fond de thriller, la recette n'est pas neuve, qui plus est quant elle se déroule entre une star et son bodyguard. London Boulevard joue alors la carte des sentiments et du héros tourmenté entre ses principes moraux et ce qu'il est, dans un Londres de carte postale. Voitures et costumes de luxe, bars à l'ancienne, bande originale rock, le tout soutenu par Chris Menges, son sens du cadrage et de la photographie, le film ravit par ses allures classieuses, très anglaises. Fallait t-il encore que l'histoire tienne la route...

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Tout comme Les Infiltrés ou Mensonges d'état, William Monahan construit son scénario sur la mise en parallèle de deux univers, à travers le personnage de Mitchell. Passant des repaires de gangsters à la demeure de la jeune actrice. Dès lors, jamais London Boulevard ne donne une impression d'unité tant le cinéaste fait dans les écarts de style. On est dans le polar au pays de Ray Winstone - abonné à ce genre de rôle -, entre meurtres et chantages. Dans la romance semi-dépressive mais teintée d'humour chez Keira Knightley - souvent en second plan. William Monahan surenchérissant par ailleurs par une histoire de banale vengeance. Mais à trop vouloir en dire, en faire, le film donne surtout la désagréable impression d'une juxtaposition d'intrigues, construites de façon alambiquées pour finalement pas grand chose. Dès lors, ni la romance, ni le thriller ne fonctionnent et ce malgré la bonne performance d'un Colin Farrell en forme. A vouloir trop faire compliqué, London Boulevard perd ainsi de sa saveur, apparaissant rapidement comme creux, tournant à vide malgré un nombre conséquent de rebondissements. Puisant son inspiration dans Bons baisers de Bruges - son mélange d'atmosphère, cet humour pince sans rire, ses seconds rôles décalés -, le film n'arrive pourtant jamais vraiment à décoller, laissant une drôle d'impression d'inachevé. Dommage.

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Crédit photo: GK Films

Publié dans En salles

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