Me and Orson Welles / Richard Linklater

Publié le par Limess




Sortie: prochainement

> L'histoire: En 1937, Orson Welles offre un rôle dans sa prochaine production à un étudiant croisé dans une rue de New-York. La vie du jeune-homme va en être bouleversée...

Quoi de plus difficile que de faire un film sur un homme aussi intense qu'Orson Welles, cet immense touche à tout américain, célèbre aussi bien pour ses oeuvres que pour sa personnalité débordante ? S'éloignant de la forme conventionelle du biopic, Richard Linklater, découvert par son dyptique Before Sunset / Before Sunrise, fait le choix de suivre un personnage externe, bientôt confronté au futur grand cinéaste. Soit Richard, sorte d'alter-égo du réalisateur dans cette fascination qu'il voue à Welles, jeune étudiant engagé au hasard d'une rencontre dans la troupe de celui-ci. Nous sommes à New-York à la fin des années 30, Orson Welles fait ses classes au théâtre, lui qui s'apprête à y mettre en scène le "Jules Caesar" de William Shakespeare. Dès lors, sous la forme d'une comédie joviale, jazzy et légère, Richard Linklater montre l'acte créatif en direct, passant des coulisses aux infernales répétitions, mettant en exergue la personnalité entière de Welles. Prêt à pousser à bout le moindre de ses acteurs dans l'espoir d'atteindre une apothéose théâtrale. Et tandis que les combats d'égo font rage, une étrange atmosphère se met doucement en place, comme si tout ce petit monde était sur le point d'être bouleverser. Car dans les couloirs du théâtre, on dit que David O' Selznick, autre mégoloman en puissance, s'apprête à adapter Autant en emporte le vent, oeuvre qui va littérallement agiter toute la sphère artistique.



En attendant ses futurs chefs d'oeuvres, Orson Welles, lui, s'active ardemment à la mise en place de sa pièce, tel un cyclone qui ravagerait tout sur son passage. Et qui de mieux que Christopher McKay pour interprêter cette immense figure, illustre inconnu et véritable révélation du long métrage. A l'écran, il impose une carrure et un magnétisme à tout épreuve, écrasant, tel Welles à son époque, le moindre de ses opposants. Dommage alors que Richard Linklater préfère s'attarder sur les aventures romantico-sentimentales de son personnage principal, mettant en avant ce qui s'apparente à une erreur de casting monumentale, l'éphèbe Zac Efron. Car alors que ce rôle devait lui servir de tremplin pour sortir de son image disney, le beau Zac pousse la chansonnette dès la première scène, nous laissant craindre quelques pas de danse à venir. Lui qui impose une image assez contemporaine faisant totalement tâche dans une oeuvre d'époque. Dès lors, complètement omnibulé par les exaspérations de son doux héros, le cinéaste se perd dans une sorte de film pour ado, au sujet, pourtant, plutôt adulte. Un drôle de mélange franchement bancal, faisant de ce Me and Orson Welles une oeuvre plaisante, au premier abord, mais rapidement lassante en son genre, trop anodin pour marquer les esprits. Le génie Welles aurait mérité mieux...




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Crédit photo: Freestyle Releasing

Publié dans Festivals

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