Mother / Bong Joon-ho

Publié le par Limess

1-copie-44.jpg


COUP DE COEUR

Sortie: 27 janvier 2010


> L'histoire: Élevé seul par une mère envahissante (Kim Hye-Ja), à 28 ans Do-joon (Won Bin) est loin d'être indépendant, lui qui fut infantiliser depuis sa naissance. Jusqu'au jour où, suite au meurtre d'une jeune adolescente, il soit désigné comme le coupable idéal et en appelle à sa mère pour le tirer de là. Ne se fiant à personne, celle-ci ne fera alors confiance qu'à son instant maternel, prêt à tout pour prouver l'innocence de ce fils un peu attardé...

En très peu de films, Bong Joon-ho s'est rapidement imposé comme une pièce indispensable du jeune cinéma coréen. Dynamitant les frontières par un style savamment orchestré et un art singulier dans le maniement des scénarios. De Memories of murder à The Host, de son segment dans le film à sketches Tokyo ! à Mother, il n'y a qu'un pas, le cinéaste revenant au genre qui fit sa renommée: le thriller. Suivant les trajectoires d'une mère ultra protectrice et de son fils attardé, enfermés malgré eux dans la grande spirale d'une enquête policière. Accusé d'un meurtre qu'il nie avoir commis, Do-joon n'aura d'autres choix que de laisser sa mère prendre les reines d'une enquête qui piétine, embourbée dans des procédures judiciaires vaseuses et par une équipe de police complètement à la ramasse. Transformant dès lors cette veuve au caractère bien trempé en une véritable Sherlock Holmes. Car avant même de s'intéresser à l'enquête, Bong Joon-ho dresse le portrait d'une femme des plus atypiques, prête à tout pour aider son fils protégé. Quitte à continuer ce qu'elle sait faire de mieux, jouer les inquisitrices en permanence, qu'il soit question de travail ou de vie privée. Il faut dire que sa propre relation avec celui-ci n'est pas des plus saines, qui qui dort toujours auprès d'elle à près de trente ans, qui se révèle incapable de se faire ses repas, comme totalement infantilisé. Alors, quand son fils se voit accusé du meurtre d'une jeune adolescente, celle-ci n'aura d'autres choix que de remuer corps et âme afin de trouver le coupable, quitte à franchir ses propres limites, aussi bien physique que morale. Oeil pour oeil, dent pour dent.

2-copie-48.jpg
Suivant les traces de The Chaser, en ridiculisant l'institution policière en mettant au centre du récit un personnage qui se devrait d'être en dehors de l'enquête - passant du mac, donc, à la mère de famille -, Bong Joon-ho propose avec Mother un thriller d'une intensité incroyable, à la tension plus que palpable. En nouant une relation privilégié avec celle-ci, on se retrouve alors complément emporté par l'intrigue, dépendant du moindre élément dilapidé au compte goutte du récit. Car Mother est un Whodonit des plus intrigants, porté par une enquête et une intrigue à l'ironie souvent tragique - réfléxion sur le pouvoir de la mémoire et de l'oubli. Passant du polar à la comédie, voir même au genre fantastique. S'appuyant sur une héroïne prête en toutes circonstances à aller toujours plus loin. Avant de faire table rase du passé ? Thriller de haute volée, le dernier Bong Joon-ho est ainsi une oeuvre aussi exaltante qu'oppressante, le cinéaste s'amusant constamment à nous embarquer dans des intrigues aux issues les moins certaines. Il en découle un film parfaitement maîtrisé, dans la mise en scène comme au niveau de ce scénario audacieux, faisant de Mother une de ses petites perles inattendues, impressionnant par son efficacité et sa virtuosité. A sa sortie, on a juste envie de totalement lâcher prise, à l'instar de cette femme au bord de la crise de nerfs, dansant, comme incontrôlable, dans cet immense champ de blé désert... Magistral.

etoile1.jpgetoile1.jpgetoile1.jpgetoile1.jpgetoile4.jpg


> Festival international de Cannes 2009: Un certain regard

Crédit photo: Diaphana Films

Publié dans En salles

Commenter cet article

Phil Siné 27/01/2010 01:05


cool ça fait envie... j'ai plein de retard dans les sorties mais faut que j'y aille ! :)


alexandre mathis 27/01/2010 00:33


du coup ça m'intrigue... je n'y connait rien en ciné asiatique mais je vais peut être faire une exception pour Mother.