Skyline / Colin et Greg Strause

Publié le par Limess

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Sortie: 15 décembre 2010 (France) / 12 novembre 2010 (Irlande)

> L'histoire: Los Angeles. Un groupe d'amis est soudain reveillé par la présence d'étranges lumières éblouissantes en ville. Mais alors que l'un d'entre eux ouvre le rideau, le voilà qui se volatilise. Provoquant la panique au sein de l'appartement. Ils découvriront rapidement qu'il n'est malheureusement pas le seul...

Diffusé sur internet au courant de l'été, le trailer de Skyline n'a depuis cette période pas cessé d'attirer les attentions. Lui qui fut vendu comme une tentative de film de science fiction sans moyen ni têtes d'affiche pour des résultats plutôt prometteurs. Rappelant - toute proportion gardée - l'excitation créée par un certain Cloverfield. Quelle n'est donc pas alors la satisfaction d'entrer in media res au coeur du sujet, Skyline ne se donnant pas la peine de contextualiser son histoire. L'attaque vient juste de commencer, welcome to Los Angeles. Au beau milieu de la nuit, un couple est réveillé par un flot de lumière venue de l'extérieur... puis par un cri, du salon, l'un de leurs amis, après avoir ouvert les volets, s'étant volatilisé. Le climat est posé, les questions plus grandes les unes que les autres... jusqu'à ce que les réalisateurs se décident de glisser inopinément le nom du film, et ce de manière tonitruante, musique d'ambiance à l'appui. Tadaaam ! Flash back. Plusieurs heures auparavant. Venus à Los Angeles pour l'anniversaire d'un ami, le couple profite de ce voyage pour se remettre en question. Alors que monsieur se verrait bien déménager, Madame n'est pas tellement de cet avis, elle qui porte en elle un argument de poids. De quoi neutraliser instantanément la petite tension préexistante. Et ce de manière irréversible. Les présentations faites, le récit laisse alors doucement la place à un étrange goût de déjà vu. Le scénario ne se foulant pas quant à la caractérisation des personnages et des issues des deux couples principaux, entre grossesse et banal adultère. Mais pire, quel est donc ce malaise, le film, après une introduction plutôt prometteuse, laissant soudain transparaître un certain amateurisme. D'une absence certaine de main d'oeuvre côté équipe lumière à un cadreur manifestement à côté de ses pompes. Filmant les personnages à hauteur de table, faisant des pots de mayonnaise et de moutarde les premiers plans du film ! Laissant aussi soudain le doute s'installer, n'aurions-nous pas dû regarder l'équipe technique avant de se lancer dans l'aventure. Skyline n'étant autre que l'oeuvre des frères Strause, responsables - pour leur premier film - d'Aliens vs. Predators - Requiem. La suite du long métrage venant à confirmer ce que l'on redoutait, le film se révélant de l'ordre du nana... du navet.

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Pourtant, Skyline tient dans un premier temps sur une idée plutôt originale, celle d'une oeuvre apocalyptique filmée de l'intérieur, les protagonistes préférant - pour la majorité - se réfugier dans l'appartement plutôt que de se risquer à l'extérieur. Privilégiant dans un premier temps une tension interne, avec pour seules ouvertures sur le monde extérieur un télescope et une télévision. Forçant les deux meilleurs amis à tenter une excursion sur le toit de l'immeuble avant de vite se rendre compte de la situation. Los Angeles est envahie par une série de vaisseaux spatiaux, aspirant un à un les habitants de la ville. Skyline réduisant alors son intrigue principale à un questionnement sans fin: devons nous oui ou non quitter le bâtiment ? Un postulat que les réalisateurs ne semblent pourtant pas totalement assumer - comme si le budget de film étant le vrai facteur de ce choix scénaristique -, eux qui usent de ralentis exagérés lors des séquences extérieures - profitons un peu des monstres tant qu'on les voit -, privilégiant au contraire les accélérés dans les séquences d'appartement. Le film ne durant qu'une petite heure trente, il s'agirait de ne pas perdre trop de temps. Mise en scène bancale pour ne pas dire fumiste, le film pêche en réalité à tous les niveaux. D'acteurs peu convaincants à un scénario des plus balisés, voir même invraisemblable. Skyline donnant rapidement l'impression d'un long métrage fourre-tout, comme si l'équipe avait voulu tout y mettre au cas où il serait le dernier. De la question de l'élu à des combats à main nues opposant héros et aliens - là où la force militaire n'y arrivait pas -, voir même à l'utilisation de citations des plus subtiles. "Hasta la vista mother fucker" lâchera ainsi l'un d'entre eux avant de buter de l'alien... on aurait eu tort de croire que plus personne ne faisait ça ! Et alors que les scénaristes recentrent progressivement - et ce judicieusement - l'intrigue autour du couple central, le film révèle pour la première fois - il n'est jamais trop tard - sa capacité émotionnelle dans une séquence finale plutôt réussie... jusqu'à ce que l'on prenne conscience qu'elle n'était pas finale pour un sous. Skyline livrant subitement un climax aussi nanardesque qu'hallucinant, laissant l'aberration faire place au fou rire nerveux. Que l'on ait pas de budget d'accord, que l'on se soit pas capable de trouver des réalisateurs, des scénaristes ou des acteurs qualifiés, moins. Qu'on se le dise, on ne nous y prendra plus.

Quoi ? Les trailers de Monsters et de Battle sont en ligne ! Attends, je regarde ça tout de suite...

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Crédit photo: Universal Pictures

Publié dans En salles

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ffred 18/12/2010 18:41


Un bon nanar de Sf réjouissant !


kill bed bugs 03/12/2010 14:08


I am so proud that so great creators give their creations in our world. If I were the monarch of the kingdom, I would grant the writer of this essay with medal