Somewhere / Sofia Coppola

Publié le par Limess

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Sortie: 05 janvier 2011 (France) / 10 décembre 2010 (Irlande)

> L'histoire: Alors qu'il traîne à l'hôtel du Château Marmont entre deux tournages, Johnny Marco (Stephen Dorff) reçoit pour quelques jours la garde de sa fille de 11 ans, Cléo (Elle Fanning).

Quatre années après Marie-Antoinette, clôturant (?) une trilogie ado / dulescente, Sofia Coppola marque son retour sur le devant de la scène avec Somewhere, lion d'or au dernier festival de Venise. Cinéaste de l'ennui, la réalisatrice livre ici sans doute son film le plus personnel, le plus autobiographique, suivant la relation entre un père acteur et sa fille Cléo, qu'il ne voit presque jamais. Dans les couloirs de l'hôtel du Château Marmont, Johnny passe de chambre en chambre, multiplie les aventures d'un soir, croise quelques collègues de travail, s'ennuie beaucoup, aussi. Comme dans l'attente d'une nouveauté. Tournant en rond sans s'en rendre compte... jusqu'à l'arrivée de sa fille, l'éclairant sur toute cette futilité. Véritable film sur la pause, Somewhere se construit sous la forme d'une succession de scènes vidées de toute action, faisant de ces retrouvailles une sorte de parenthèse enchantée pour le frivole Johnny Marco. On passe ainsi d'une baignade à la piscine à la remise d'un prix en Italie, d'une conférence de presse à une partie de Guitar Hero. Ouvrant les portes des coulisses d'Hollywood, loin des plateaux de tournages. Alors que le citoyen lambda  peut se prendre de passion pour la vie des people, Sofia Coppola nous dépeint elle un quotidien très impersonnel, entre fêtes jonchées de jeunes acteurs aux dents longues à des chambres de palaces toujours plus luxueuses. Comme un pendant du magnifique Lost in Translation, où Johnny serait en fait le double du personnage incarné alors par Anna Faris. Pourtant, si Somewhere s'apparente à son film le plus intime, il est malheureusement aussi le moins aboutit...

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Retrouvant les mêmes décors, voir parfois les mêmes intrigues - le voyage en Italie -, que Lost in Translation, Sofia Coppola livre ainsi une sorte de redite, pas toujours très inspirée. Filmant l'ennui de façon très anodine. En débarrassant sa mise en scène des effets de style qui avait  fait la marque de ses débuts, pour le meilleur ou pour le pire selon les goûts de chacun - un côté aérien, parfois pop, une musique indé quasi omniprésente -, la cinéaste met alors en valeur les limites de son cinéma. Somewhere n'est qu'une succession de scènes en plan fixe, donnant parfois l'impression d'une cinéaste qui se regarde filmer. Si le film sait se faire émouvant quand il revient sur la relation entre Johnny et Cléo, il est aussi particulièrement déstabilisant, enchaînant les coquilles vides pour mieux nous montrer l'ennuyeux quotidien de cet acteur à la dérive. Mélancolique sans jamais vraiment atteindre sa cible, Somewhere est ainsi une oeuvre déconcertante, cumulant les travers d'un cinéma indépendant américain, parfois même jusqu'au pastiche - une voiture qui tourne en rond, un désert et l'univers de Brown Bunny qui ressurgit. Manquant d'une distanciation nécessaire face à son sujet, Sofia Coppola nous livre ainsi un film mineur pour une poignée de scènes touchantes. Reste un duo d'acteurs poignant, Stephen Dorff et Elle Fanning. Décevant.

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Crédit photo: American Zoetrope

Publié dans En salles

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