Splice / Vincenzo Natali

Publié le par Limess

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Sortie: 30 juin 2010

> L'histoire: Superstars de la science, Clive (Adrien Brody) et Elsa (Sarah Polley) ont réussit, en combinant l'ADN de différentes espèces animales, à obtenir une espèce hybride. En couple à la ville, ils ne pensent qu'à une seule chose, fusionner maintenant de l'ADN animal à de l'ADN humain. Mais alors que le laboratoire refuse de les soutenir, ces deux là en viennent à secrètement créer une étrange créature nommée Dren (Delphine Chanéac)...

En apparence, rien de bien nouveau dans le Splice de Vincenzo Natali, le cinéaste remettant au goût du jour une histoire vieille comme le monde... Celle d'un savant fou, bien décidé à bafouer les lois de la nature, sans se préoccuper des questions éthiques, afin de mener à bien son projet. Rappelant à l'esprit les péripéties d'un Frankenstein ou autre Docteur Jekyll et Mister Hyde, autour de cette éternelle question: jusqu'où est-on capable d'aller pour la science ? Sauf qu'ici, ce n'est pas un chercheur mais deux, Clive et Elsa, couple à la ville et superstars du monde médical. Ayant réussit l'exploit de fusionner l'ADN de plusieurs espèces animales, créant un autre couple hybride. Jusqu'à ce qu'ils décident de pousser l'expérience un peu plus loin, insérant à la mixture de l'ADN humain. Créant Dren, intrigante créature au développement extrêmement rapide... Si David Cronenberg, dans La Mouche, s'interrogeait sur la mutation du corps du scientifique suite à l'expérience, c'est ici la figure du couple qui est mise à mal, subissant des modifications insoupçonnées. Installant un lien affectif singulier avec Dren, Elsa en vient peu à peu à l'adopter comme son enfant, lui apprenant à communiquer, l'habillant en robes de petite fille, lui donnant ses peluches personnelles. Jusqu'à ce que Dren devienne "adolescente", puis "femme", créant alors un trouble chez un Clive totalement dépassé par les événements... Là est la force de Splice, Vincenzo Natali ne jouant pas, comme on pourrait s'y attendre, sur l'effroi. On est presque ici dans un cocon, le film appelant la douceur certaine du E.T. de Steven Spielberg - mais où tout pourrait très vite déraper -, à travers la vision du développement émotionnel de Dren. Découvrant les joies de la vie, de la famille, de la sexualité... A l'instar de cette magnifique séquence de danse.

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Si Splice joue merveilleusement bien sur cette mutation progressive de Dren, enfant devenue trop vite une adulte prête à voler de ses propres ailes - au sens propre comme au figuré -, Vincenzo Natali propose surtout un film à la formidable prouesse technique. Dren étant incarnée par l'actrice française Delphine Chanéac, tout droit sortie de séries M6, donnant une humanité à cette créature bien plus vivante que ses créateurs. Alternant vrais effets et pirouettes informatiques. De quoi faire de Splice un beau film de science fiction, plutôt dérangeant en son genre... Vincenzo Natali n'hésitant pas à pousser toujours plus ses personnages dans leurs retranchements, donnant des séquences particulièrement troublantes. Et si l'on regrettera que la dernière partie tombe un peu dans la facilité et le dénouement téléphoné, Splice reste de ces belles surprises cinématographiques pour un film fascinant et assez perturbant.

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Crédit photo: Gaumont distribution

Publié dans En salles

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Clem 12/07/2010 13:13


J'ai trouver ce film bien bon....Et qui malgré quelques moments prévisibles, il m'a surpris plus d'une fois!