There Will Be Blood / Paul Thomas Anderson

Publié le par Limess




Sortie: 27 février 2009

> L'histoire: Lorsque Daniel Plainview entend parler d'une petite ville de Californie où l'on dit qu'un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d'aller tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l'unique distraction est l'église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire. Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant : les tensions s'intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines comme l'amour, l'espoir, le sens de la communauté, les croyances, l'ambition et même les liens entre père et fils sont mis en péril par la corruption, la trahison... Et le pétrole.

Il y a des films comme ça, où l'on ne sait quoi écrire. Éblouit par les images. Bluffé par l'interprétation. Sonné par la mise en scène. Comme chaque début d'année, les écrans français sont réquisitionnés par les prétendants aux oscars. There will be blood était sans conteste le plus attendu. Plébiscité par la critique comme un chef d'oeuvre absolu, le nouveau film de Paul Thomas Anderson est une véritable expérience. Inclassable. Au dessus de tout. Scorsese et Coppola semble avoir trouver leur digne successeur.


Avec ce film, le réalisateur livre une grande fresque comme seuls les américains savent faire. Le genre d'oeuvre où la petite histoire côtoie celle avec un grand H. Daniel Plainview est un chercheur de pétrole qui ratisse les villages en quête de nouveau gisement. Quand il tombe sur la perle rare, il l'exploite jusqu'à plus soif. There will be blood suit l'ascension de cet homme, l'un des précurseurs de ce que va être le capitalisme et la déshumanisation. Car derrière ce regard perçant se cache une bien étrange personnalité. Daniel Plainview est un homme tourmenté qui n'aime pas la compagnie des autres sauf quand il s'agit de les déposséder de tous leurs biens. Avec ce film, Paul Thomas Anderson donne ainsi une grande leçon de cinéma, s'inspirant des classiques hollywoodiens des années 50 - on pense au Citizen Kane, d'Orson Welles -. Chronologie des événements, grand décors naturels, sublime photographie et grands mouvements de caméra. Le tout au son d'une musique tonitruante et dissonante qui établit d'emblée une atmosphère âcre et magnétisante. Et au milieu, Daniel Day-Lewis, le plus grand performer de sa génération, ici, à son sommet. A ses côtés, Paul Dano, recrue de Little miss sunshine, qui malgré son jeune âge tient tête à l'incomparable Day-Lewis. Rien que pour ce duel qui fait des étincelles, ce film est à voir absolument. A bien des titres, There will be blood est une grande oeuvre. Le genre puissante (des scènes à couper le souffle comme l'incendie du puits de pétrole) et terriblement intelligente (ambiguïté totale du personnage). De son scénario extrêmement bien écrit découle une folie, une noirceur et un cynisme qui captive jusqu'à la dernière minute. De quoi crier haut et fort: "Oui, critique et public peuvent s'entendre, There will be blood est bien une très grande réussite !".




> Berlinale de Berlin 2008: Ours d'argent du meilleur réalisateur, ours d'argent de la meilleure contribution artistique
> Golden Globes 2008: Meilleur acteur dans un drame / Nomination meilleur film dramatique
> Oscars 2008: Meilleur acteur, meilleure photographie / Nominations meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleurs décors, meilleur montage, meilleur montage sonore


Crédit photo: Walt Disney Studios Motion Pictures France

Publié dans En salles

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