Wolfman / Joe Johnston

Publié le par Limess

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Sortie: 10 février 2010

> L'histoire: Suite à la disparition de son frère, Lawrence Talbot (Benicio del Toro), aristocrate et acteur professionnel, revient au domaine familial, retrouvant son père acariâtre (Anthony Hopkins). Prêt à tout pour faire toute la lumière sur cette disparition, Lawrence découvrira alors un secret, dépassant toutes les lois de la nature...

Ayant fait les beaux jours de la Universal dans les années trente, du Dracula de Tod Browning à L'homme invisible de James Whales ou la série des "Frankenstein" du même réalisateur, les films de monstres ont toujours fait partie intégrante de l'histoire du cinéma. Évoluant au fil des ans, au fil des événements historiques - comme tente de l'expliquer Andrew Monument dans son documentaire Nightmare in Red, White and Blue, the Evolution of the American Horror Film, présenté au festival de Deauville. Quoi de mieux alors pour le studio que de revenir à une recette qui marche, surfant sur la vague de la réactualisation des mythes fantastiques. Wolfman, comme son nom l'indique, remettant au goût du jour la figure du loup-garou. Tout commence dans un Londres du XIXème siècle. Lawrence Talbot, acteur professionnel, y interprète Hamlet devant un parterre de foule... sans se douter un instant que son frère puisse être en danger. Pourchassé dans la forêt par une créature aussi mystérieuse que mortelle, celui-ci se fera rapidement dépecé, invitant Lawrence à revenir enquêter sur sa terre natale. En quelques scènes, Joe Johnston, papa, entres autres, de Jumanji ou Jurassic Park 3, arrive à imposer une atmosphère inquiétante et tendue, jouant sur le clair/obscur de cette forêt sombre, éclairée par le scintillement d'une lune décidément bien pleine. Dès cette première scène particulièrement prenante, Wolfman en arriverait presque à nous prendre de court, annonçant à son insu un film plutôt encourageant pour un tournage qui fut, par ailleurs, particulièrement houleux (désaccord du studio quant au montage final, démission du cinéaste Mark Romanek pour des différents artistiques...).

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S'appuyant sur les bases d'une mythologie gitane, Joe Johnston reprend d'abord à son compte la méthode "Jacques Tourneur", laissant la créature dans l'ombre, usant savamment du hors-champ, jouant sur les apparitions furtives et rapides et le hurlement glaçant du loup. Créant instantanément un suspense implacable, à l'instar de cette attaque d'un camp de bohémiens. Jusqu'à ce que Lawrence soit lui-même blessé et transformé en loup-garou, amenant le film dans une toute autre direction. S'attachant dès lors au point de vue de son personnage principal, donnant à voir la moindre modification de son corps. Obsédé par la description de la transformation progressive de Lawrence, aussi bien émotionnelle que physique, s'appuyant sur un usage pointu des effets spéciaux (Joe Johnston ayant, entre autres, travaillé sur les effets visuels des premiers Star Wars), le film en perd dans le même temps de sa superbe. Le frisson laissant place à la romance et le conflit éthique convenus, les attaques aux courses poursuites anodines, le loup-garou passant du bourreau à la victime. Et dans ce défilement d'actions et de réflexions particulièrement attendues, le film se fait lui de moins en moins intéressant, au point d'en devenir bientôt d'un ennui poli. Et ce n'est pas cette confrontation finale, prometteuse mais beaucoup trop conventionnelle, qui viendra relever le niveau. Si Wolfman avait ainsi tout pour associer divertissement grand guignol et mythologie cinématographique, il en ressort au contraire une oeuvre extrêmement plate et anodine, peu sauvée par son casting pourtant quatre étoiles, à commencer par un Benicio del Toro ne jouant que de son physique animal. Dommage.

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Crédit photo: Paramount Pictures France

Publié dans En salles

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