Marley & moi / Marley & me / David Frankel

Publié le par Limess





Sortie: 4 mars 2009

> L'histoire: Jenny et John viennent tout juste de se marier sous la neige du Michigan et décident de partir s'installer sous le soleil de Floride. Alors que l'envie d'avoir un premier enfant se profile chez Jenny, John espère retarder l'échéance en lui offrant un adorable chiot sur les conseils avisés de son collègue Sébastien, un séducteur profitant pleinement de son célibat. C'est ainsi que Marley, un jeune labrador, prend place au sein du couple. En grandissant, l'animal se révèle aussi craquant que dévastateur et la maison devient un véritable terrain de jeu, où plus rien ne peut échapper à sa voracité. Au rythme des années et des catastrophes qu'il provoque, Marley sera le témoin d'une famille qui se construit et s'agrandit, devant faire face à des choix de carrière, des périodes de doute et des changements de vie. Pour Jenny et John, même si Marley est le pire chien du monde, cette tornade d'énergie leur témoignera une affection et une fidélité sans limite, pour leur enseigner la plus grande leçon de leur vie.

David Frankel, c'est monsieur Le diable s'habille en Prada ! Le film qui avait réussit à faire de Meryl Streep une parfaite Miranda Prestley tout en trahissant l'oeuvre originale de Lauren Weisberger en édulcorant ses propos. Difficile de dire la même chose avec Marley & moi, n'ayant pas lu le best-seller canin de John Grogan. Marley & moi, c'est donc l'histoire d'un jeune couple de journalistes, Jenny and John, qui, pour l'anniversaire de la belle, s'offrent un innocent labrador... qui se révélera vite être, selon leurs termes, "le pire chien du monde". De quoi prévoir quelques situations comiques... malheureusement toutes contenues dans la bande annonce. Car Marley & moi, sous ses faux airs de comédie familiale, est un film extrêmement fade, au scénario inexistant. A croire que Don Ross et Scott Franck - il fallait au moins être deux pour écrire un truc pareil - croyaient vraiment qu'il suffirait de mettre quelques gags pour masquer une totale absence d'enjeux dramatiques...

Absence, du moins, en apparence. Car Marley & moi aurait pu, en vérité, s'appeler "comment construire une famille américaine en dix leçons". Le film suit ainsi la vie de ce chien au sein d'un couple, puis d'une famille... Lui est un journaliste de comptoir, relayant les faits divers dans la presse. Elle, une journaliste à succès, écrivant souvent des articles de plusieurs colonnes. Jusqu'au premier enfant, désiré, puis du deuxième, un poil moins, qui obligèrent madame à devenir femme au foyer. Un emménagement dans une maison bourgeoise plus tard, la famille s'est encore agrandit, maman s'occupant des enfants, papa ramenant des sous en publiant des anecdotes sur son chien. Et cela, sur près de deux heures... Pas de quoi transcender le spectateur, bientôt impatient de voir le bout de la pellicule ! Owen Wilson et Jennifer Aniston ont d'ailleurs beau gesticuler comme ils peuvent, le chien faire autant de cabrioles qu'il veut, Marley & moi est un film profondément ennuyeux... Et pour perdre autant de temps au cinéma, on aurait au moins préféré voir un peu plus d'Eric Dane, alias docteur glamour dans Grey's anatomy.

Jusqu'à ce que la fin du film arrive et réveille nos petites consciences engourdies. Les quinze dernières minutes étant tout simplement les plus abjectes qu'il m'ont été donné de voir depuis bien longtemps. Marley & moi suivant la vie entière de ce chien, les scénaristes ne pouvaient échapper à la fin tire-larme qui leurs pendaient au nez. Il ne manquait d'ailleurs plus que David Frankel pour refaire tous les faux pas qu'on pensait qu'Hollywood avait enfin abandonnés. Ceux qui ne désirent pas en savoir plus, passer votre chemin. Pour les autres, sachez que le chien meurt à la fin, dans des circonstances horribles. Malade à crever, la bête se fait emmener chez le vétérinaire, après que les enfants, petites créatures anonymes dont on ne connaît rien de plus que leurs prénoms, et Jenny lui aillent dit préalablement au revoir. Alors qu'il est allongé sur la table d'opération, le véto annonce à John que Marley ne survivra pas. Il est temps de lui faire ses adieux. Accroupit à côté de lui, John prend alors une de ses pattes dans ses mains et regarde Marley droit dans les yeux. "Au revoir, mon pote". Il donne son accord au médecin, qui illico presto pique la bête. Gros plan sur la tête de Marley. Ses yeux se ferment progressivement pour ne plus jamais se réouvrir. Retour maison. Annonce du drame. Enterrement et derniers mots. Vous dire que je n'ai pas faillit pleurer serait bien entendu un mensonge, ayant la plupart du temps la larme facile. La fin de ce film fut donc pour moi une bataille sans merci, dont je suis sortie dignement vainqueur, m'ayant mis en tête de ne pas verser une seule larme pour une fin si pathétique. En refusant notamment de regarder l'écran ou de penser à mon propre chat ! No comment ! Autant dire que Marley & moi apparaît comme l'un des films les plus débilisants qu'Hollywood nous ait pondu depuis bien longtemps et que dans le genre divertissement avec un chien, Beethoven vaut largement mieux... Un seul mot d'ordre, donc, ressortons nos vieux et bons classiques !





1. Jennifer Aniston: Ceux que pensent les hommes

Crédit photo: Twentieth Century Fox France 

Publié dans En salles

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Clem 27/03/2009 03:16

Ahhh le chantage emotionel!!!! Je me suis fais avoir et je m'y attendais pas du tout....LES SALAUDS......
Musique gnian gnian, un couple cliché mignonet, des enfants (anonymes graaaavve) gentils, chien cabotin, comédie? a part le chien par la fenetre de la voiture, c'est pas tres funny....Mais quand même ça fait longtemps qu'un film ne m'avait pas surpris dans le tire larme depuis longtemps....Alors avec ce film là : SURPRISE...Bon toi mel avec un chat tu as resisté, mais moi j'ai un chien.......;-)

Platinoch 15/03/2009 01:07

T'as pas pleuré???? Comment t'as pas de coeur!!!
Bon, c'est vrai, je déconne:) A ceci près que je reste plus modéré sur le film. A la fois j'ai trouvé ça profondément médiocre et en même temps, j'avoue que le fait de ne pas sombrer dans la "comédie canine" pour évoquer la vie et le temps qui passe à travers la vie du chien me paraissait - au départ - plutôt pertinent...
Dommage que cette fin pathos à ralonge flingue définitivement l'ensemble...
Maintenant, dans le genre débilisant, j'ai vu "Loin de la terre brulée" cet après-midi, c'est pas génial non plus;-)))

Limess 15/03/2009 10:46



J'ai vraiment lutté, avec cette musique larmoyante... On a vraiment le droit à tout avec ce film. Pas génial, donc.
J'ai vu Loin de la terre brulée, je ne sais pas quoi en penser non plus... Critique très prochainement !