Simon Werner a disparu... / Fabrice Gobert

Publié le par Limess

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Sortie: 22 septembre 2010

> L'histoire: Mars 1992. Lors d'une soirée, des adolescents d'une petite banlieue parisienne découvre dans la forêt un corps apparemment sans vie. Plusieurs jours plutôt, plusieurs élèves de la terminale avaient disparu...

Avec son esthétique à la Sofia Coppola et sa forme façon Gus Van Sant, Simon Werner a disparu..., premier film du réalisateur Fabrice Gobert, relève de la curiosité dans le paysage français. Empruntant à ses voisins américains quant à sa peinture de l'adolescence. Dans un lycée d'une petite banlieue parisienne, semblable à tant d'autres, plusieurs élèves viennent progressivement à manquer à l'appel. A commencer par le Simon du titre, personnage invisible mais dont le fantôme hante néanmoins toujours les murs. Tout le monde essayant de deviner ce qui lui est arrivé. Fugue ? Suicide ? Meurtre ? Pour peu que l'on soit dans les années 2000, Gossip Girl aurait immédiatement repris le relais. Pourtant, et là est l'excellente idée du film, c'est bien dans les années 90 que se déroule l'action, temps où les téléphones portables n'avaient pas encore envahis les cours de récré. Donnant une sorte de cohérence au récit à une époque où Big Brother - les réseaux sociaux sont vos amis - n'avait pas fait imploser la société. Construit selon le point de vue de quatre personnages, à la manière d'Elephant, Simon Werner a disparu... se présente sous la forme d'un puzzle, mêlant les genres et les ambiances. Que s'est-il passé ? Qui est ce corps retrouvé dans la forêt ? Qu'est-il arrivé aux différents personnages du film ? Revenant toujours au même point, quinze jours avant la fête de Jérémie (Jules Pelisier), permettant d'ajouter à chaque segment un certain nombre de nouvelles informations. De façon ludique, le film donne ainsi toujours l'impression de vouloir nous berner, jouant des apparences et des faux semblants. Renforçant ce qui se passe au sein de cette petite bande où tout le monde semble connaître tout le monde mais où personne ne connaît vraiment personne. Qui est amoureux de qui ? Qui sort réellement avec qui ? Que se passe t-il au sein du foyer que l'on veut cacher aux autres ? Conférant à des personnages, en apparence insignifiants, une profondeur inattendue. A commencer par la meilleure amie d'Alice, personnage finalement le plus touchant de l'affaire.

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S'inspirant des teen movies, Fabrice Gobert organise la hiérarchie de son lycée telle une série américaine. Donnant à chacun de ses personnages une typologie que la tournure des événements viendra peu à peu briser. D'Alice, plus jolie fille du lycée, digne voisine des pom pom girls américaines, à Rabier, souffre douleur par excellence, ou Frédéric, "le comique" de la bande. Chacun venant au fil du récit à révéler des failles peu visibles en apparence. Assez juste quant il s'agit de parler de l'adolescence - à commencer par les scènes de repas à la cantine -, Fabrice Gobert jouit également d'un casting quasi débutant impressionnant. De Jules Pelissier à Esteban Carvajal Alegria - loin des contrées honoriennes où il officiait jusqu'alors -, Ana Girardot, Yann Tassin à l'incroyablement sexy Laurent Delbecque. Particulièrement surprenant, le réalisateur allie ainsi brillamment image léchée - une attention toute particulière est donnée aux cadres - et ambiance légèrement glauque - soutenue par la musique atmosphérique de Sonic Youth -, faisant de ce Simon Werner a disparu... une véritable révélation. Qu'on se le dise, le cinéma français a encore de beaux jours devant lui. Tant mieux !

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Crédit photo: Diaphana Film

Publié dans En salles

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