Nightmares in Red, White and Blue: the evolution of the American Horror Film / Andrew Monument

Publié le par Limess




Sortie: Prochainement

> L'histoire: Des auteurs légendaires tels John Carpenter, George A. Romero et Joe Dante développent l'idée que les films d'horreur sont le reflet de leur temps et de leur lieu de création. Ces témoins privilégiés montrent comment les films de monstres classiques ont exploité les peurs de l'après guerre et comment les films d'horreur modernes plus violents sont issus de la contreculture américaine.

Présenté à Deauville dans la section "Les docs de l'Oncle Sam", Nightmares in Red, White and Blue conte en un peu plus d'une heure l'histoire du cinéma de genre horrifique aux Etats-Unis à l'aide d'extraits et d'interviews de quelques uns des réalisateurs les plus connus, de John Carpenter, George A. Romero ou Joe Dante. Une sorte de cours accéléré, exposant quelques uns des préceptes que vous pourriez apprendre dans une faculté de cinéma. A l'aide d'une mise en forme très clipesque et télévisuelle, Andrew Monument reprend ainsi à son compte la thèse selon laquelle le cinéma horrifique serait le reflet de notre époque. De ces personnages difformes incarnés par Lon Chaney, représentatifs des mutilations des soldats après la guerre, à l'apparition des extraterrestres, symbole de l'angoisse face à la guerre froide et à ces "communistes russes". Il était un exutoire parfait pendant la seconde guerre mondiale. Il est aujourd'hui d'autant plus violent que l'est notre monde contemporain, ne serais-ce après le 11 septembre et la guerre en Irak. Par décennie, le cinéaste donne ainsi à voir les quelques figures qui ont marqué leur temps, de Dracula à Frankenstein, de Freddy Krueger au tueur de Scream.


Pourtant, tout aussi passionnant que peut être ce documentaire, Nightmares in Red, White and Blue reste malheureusement trop en surface, comme submergé par l'immensité de la tâche qu'est de condenser l'histoire du cinéma horrifique. Résultat ? Le cinéaste se contente de superposer sur de très courts extraits une voix-off didactique et explicative - celle Lance Henriksen -, sans entrer dans les détails de ce que l'on peut voir à l'écran, ni sur ce que cela à pu provoquer à l'époque. D'où le paradoxe qui émerge petit à petit de l'oeuvre. Car tout en surfant sur le thème, Andrew Monument arrive tout de même à nous noyer sous un flot d'informations par un rythme épileptique, bien trop rapide pour marquer les esprits. Jusqu'au point de non retour et que l'on se laisse finalement porter par le tout sans chercher à enregistrer quelque chose. De manière tout à fait frustrante. Reste le plaisir cinéphile, donc, de revoir sur grand écran quelques extraits de chef d'oeuvres du genre, que ce soit le Nosferatu de Murnau, La féline de Jacques Tourneur ou le Freaks de Tod Browning. Un documentaire idéal à qui voudrait découvrir cette tranche du cinéma, comme une sorte de guide de tous les titres de dvd à se fournir, tout en étant parfaitement dispensable pour tous les autres.



> Festival du film américain de Deauville 2009: Les docs de l'oncle Sam

Crédit photo: Lux Digital Pictures

Publié dans Festivals

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